| Jean d'Ormesson |
| Toute mort est un mystère parce que toute vie est un mystère.
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| Max Jacob |
| Le mystère est dans cette vie, la réalité dans l'autre.
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| Jean Giono |
| Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière.
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| Ursulla Le Guin |
| Le mystère est le meilleur artisan du merveilleux.
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| Bram Stoker |
| Il est des mystères que l'on peut à peine imaginer, et que l'on ne résoudra qu'en partie.
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| 24-02-2008 Contes & Légendes |
Les fées |
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 Il était une fois une veuve qui avait deux filles : l'aînée lui ressemblait si fort d'humeur et de visage, que, qui la voyait, voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses, qu'on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son père pour la douceur et l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et, en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la cuisine et travailler sans cesse. Il fallait, entre autres choses, que cette pauvre enfant allât, deux fois le jour, puiser de l'eau à une grande demi lieue du logis, et qu'elle rapportât plein une grande cruche. Un jour qu'elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui lui pria de lui donner à boire. -" Oui, ma bonne mère, " dit cette belle fille.
Et, rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l'eau au plus bel endroit de la fontaine et la lui présenta, soutenant toujours la cruche, afin qu'elle bût plus aisément. La bonne femme, ayant bu, lui dit : " Vous êtes si belle, si bonne et si honnête, que je ne puis m'empêcher de vous faire un don. Car c'était une fée qui avait pris la forme d'une pauvre femme de village, pour voir jusqu'où irait l'honnêteté de cette jeune fille. Je vous donne pour don, poursuivit la fée, qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une fleur, ou une pierre précieuse. " 
Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine. " Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d'avoir tardé si longtemps " ; et, en disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux roses, deux perles et deux gros diamants. " Que vois-je là ! dit sa mère toute étonnée ; je crois qu'il lui sort de la bouche des perles et des diamants. "D'où vient cela, ma fille ? " Ce fut là la première fois qu'elle l'appela sa fille. La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de diamants. " Vraiment, dit la mère, il faut que j'y envoie ma fille. Tenez, Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre sœur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ? Vous n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et, quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement. - Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine ! - Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l'heure. " 
Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau flacon d'argent qui fut au logis. Elle ne fut pas plus tôt arrivée à la fontaine, qu'elle vit sortir du bois une dame magnifiquement vêtue, qui vint lui demander à boire. C'était la même fée qui avait apparu à sa sœur, mais qui avait pris l'air et les habits d'une princesse, pour voir jusqu'où irait la malhonnêteté de cette fille.
" Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire ? Justement j'ai apporté un flacon d'argent tout exprès pour donner à boire à Madame ! J'en suis d’avis : buvez à même si vous voulez. - Vous n'êtes guère honnête, reprit la fée, sans se mettre en colère. Eh bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent, ou un crapaud. " D'abord que sa mère l'aperçut, elle lui cria : " Eh bien ! ma fille !
- Eh bien ! ma mère ! lui répondit la brutale, en jetant deux vipères et deux crapauds. - O ciel, s'écria la mère, que vois-je là ? C'est sa sœur qui est en cause : elle me le paiera " ; et aussitôt elle courut pour la battre. La pauvre enfant s'enfuit et alla se sauver dans la forêt prochaine. Le fils du roi, qui revenait de la chasse, la rencontra et, la voyant si belle, lui demanda ce qu'elle faisait là toute seule et ce qu'elle avait à pleurer. " Hélas, Monsieur, c'est ma mère qui m'a chassée du logis. " Le fils du roi, qui vit sortir de sa bouche cinq ou six perles et autant de diamants, lui pria de lui dire d'où cela lui venait. Elle lui conta toute son aventure. Le fils du roi en devint amoureux ; et, considérant qu'un tel don valait mieux que tout ce qu'on pouvait donner en mariage à une autre, l'emmena au palais du roi son père, où il l'épousa. Pour sa sœur, elle se fit tant haïr, que sa propre mère la chassa de chez elle ; et la malheureuse, après avoir bien couru sans trouver personne qui voulut la recevoir, alla mourir au coin d'un bois.

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24-02-2008, 23:13:47 Nadine Crapaud Diamant Eau Fée Fille Fils Fleur Fontaine Mariage Perle Roi Serpent
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| 09-02-2008 Contes & Légendes |
Yu et le dragon ailé |
 L'empereur Yu réfléchissait à la manière de faire cesser les tragiques inondations qui frappaient son pays. Il ne voyait qu'une solution : percer les montagnes qui barraient l'horizon afin de permettre aux eaux de s'écouler jusqu'aux océans.Depuis des jours il brisait et déplaçait des rocs sans faiblir mais ce travail avançait bien lentement. Yu cédait au découragement quand il aperçut un grand dragon ailé volant vers lui. Il vint se poser doucement à ses côtés. Yu reconnu en lui l'esprit des eaux, un de ceux qui habitent au sein des gros nuages d'orage. L'empereur engagea la conversation et confia son problème au dragon. Ils devinrent rapidement amis et le dragon ailé, comprenant l'embarras de Yu, lui proposa son aide. Yu accepta. Alors le dragon frappa le roc d'un violent coup de queue, plus dure que l'acier et plus souple qu'une liane : le roc volat en éclat. Le dragon fendait les plus gros blocs, Yu les déplaçait. En dépit de leur force prodigieuse, tous deux durent travailler pendant treize années ! Quand ils eurent ôté le dernier roc, les eaux s'engouffrèrent dans la brèche, dégageant de vastes espaces fertiles. Le fils de yu, nommé Qi, s'allia à deux dragons ailés pour explorer les contrées les plus reculées des cieux. Ainsi il découvrit la Science et la Musique qu'il rapporta aux hommes. 
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09-02-2008, 22:41:51 Nadine Dragon Eau Musique Roc Science
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| 17-01-2008 Contes & Légendes |
La sirène et le pêcheur |
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Il était une fois, une famille de pêcheurs qui avait un seul fils. Le père allait pêcher chaque matin. Un jour, son filet pesait tant et tant qu'il pouvait à peine le tirer de l'eau ; quand il y parvint enfin, il vit que sa prise était un énorme poisson qui lui dit : - Je vais te manger si tu ne promets pas de m'apporter la première personne que tu rencontreras. Le pêcheur pensa que, comme chaque jour, sa petite chienne serait la première à se précipiter pour l'accueillir, et il se résigna à devoir la donner. Le poisson s'enfonça dans la mer tandis que le pêcheur rentrait chez lui ; mais ce jour-là, qui sortit le premier pour l'accueillir ? Au lieu de la petite chienne, ce fut son fils ! Le père lui demanda pourquoi il s'était précipité à sa rencontre, et le fils répondit qu'il était inquiet de son retard. Le père lui raconta son aventure, qu'il avait pris une sirène dans son filet et qu'elle exigeait qu'il lui livrât le premier qui sortirait de sa maison pour l'accueillir. Le jeune homme reconnut que son père était obligé de tenir sa parole ; mais avant de se rendre, il décida d'aller visiter quelques amis au village voisin pour leur dire adieu. En chemin, il rencontra une fourmi, un loup et un aigle ; tous trois se disputaient la dépouille d'un âne mort et tous trois en voulaient la plus grosse part, refusant le partage. Au passage du garçon, ils l'appelèrent et lui demandèrent de trancher. Il attribua la chair à l'aigle, les os au loup et la peau à la fourmi. Alors qu'il repartait ils le retinrent, et il craignit un moment qu'ils ne veuillent le manger aussi ; mais au contraire ils lui dirent qu'ils voulaient le remercier de ses bons services. Le loup lui donna un petite morceau d'oreille, qui avait la vertu de se transformer en loup dès qu'on le secouait en disant : « Misère de moi ! Le loup ! » L'aigle lui donna une plume, qui avait la propriété de se convertir en aigle si l'on disait : « Misère de moi ! L'aigle ! » et la fourmi, une petite patte qui se transformait en fourmi si l'on disait : « Misère de moi ! La fourmi ! » Nanti de ces cadeaux, le fils revint chez lui et dit à son père de l'amener à la sirène. Au moment d'être livré au poisson, il prit la plume et dès qu'il eut prononcé les paroles « Misère de moi ! L'aigle ! » il se transforma en aigle et d'un seul coup d'aile vola vers le palais où la princesse, voyant un si bel oiseau, le fit attraper et attacher au pied de son lit. Dans la nuit, il se transforma en homme ; la princesse prit peur ; le jeune homme la rassura et lui raconta son histoire. Le roi voulut qu'il reste au palais où il se fit aimer de tous. Tous les jours il sortait en carrosse avec le roi et la princesse et quelquefois, ils faisaient même une promenade en barque sur la mer. Un jour, la sirène le vit, s'en saisit et l'emporta sous les yeux du roi et de la princesse. Le roi déclara qu'il trouverait bien un moyen de l'arracher à la sirène. Connaissant le goût de celle-ci pour l'or et l'argent, il fit fabriquer un aviron d'argent et un jour, sa fille et lui se mirent à la recherche de la sirène et lui dirent que même si elle ne montrait que la moitié du corps du jeune homme, ils lui donneraient l'aviron d'argent. La sirène ne leur montra que la tête de son prisonnier et ils ne purent rien faire ; la princesse dit alors que si elle acceptait vraiment de montrer la moitié du corps, elle lui offrirait un aviron d'or. La sirène accepta le marché pour un autre jour, et elle sortit vraiment la moitié du corps du jeune homme ; celui-ci, profitant aussitôt de cette liberté, prit la forme d'un aigle et s'envola. La sirène s'exclama : - Ah ! Chenapans, vous m'avez trompée ! Mais je me vengerai ! Tandis que la princesse regagnait le palais, la terre s'ouvrit soudain et l'engloutit. L'aigle voyant ce qui se passait dit : - Je la sortirai de ce mauvais pas. Il se transforma de nouveau en homme et demanda à plusieurs maçons de creuser des petits trous dans la crevasse. Il sortit alors la petite patte de fourmi et dit : - Que je me transforme en fourmi. Il put ainsi pénétrer dans un château ou un géant gardait la princesse. Il reprit sa forme d'aigle et la princesse le reconnut aussitôt. Il redevint un homme pour lutter contre le géant, tandis qu'il faisait transformer la princesse en fourmi et l'emportait avec lui. Ils se hâtèrent vers le palais où le roi les accueillit avec joie et autorisa sa fille à épouser son libérateur. Ils vécurent très heureux ; mais ils prirent toujours grand soin de ne jamais passer près de la mer où ils risquaient de rencontrer la sirène. Huelva 
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17-01-2008, 23:39:01 Nadine Aigle Filet Fils Fourmi Loup Pêcheur Poisson Roi Sirène
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| 02-01-2008 Contes & Légendes |
Les fées du Lavedan |
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 Les belles et mélodieuses jeunes filles du Lavedan croient encore que, si elles aperçoivent auprès de la fontaine un fil gisant à terre, elles doivent le ramasser, l'enrouler vite : le fil s'allonge et forme sous leurs doigts un peloton merveilleux, d'où sort une fée qui, ravie qu'on l'ait soustraite à son incommode prison, fait à sa libératrice quelque riant présent, ou lui prête sa baguette magique. Il y avait une fois deux bergers, lesquels firent la rencontre de deux belles vierges qui étaient fées ou enchantées, ce qui revient au même. Et les fées dirent aux jeunes hommes qui leur étaient peu inférieurs en beauté, car ils étaient aussi beaux qu'on peut l'être quand on n'a point subi d'enchantement : - Voulez-vous bien nous épouser ? Nous sommes des fées, et nous vous donnerons des trésors qui vous rendront riches à jamais... Nous vous donnerons aussi de beaux enfants qui feront votre joie et l'admiration de vos voisins. Puis elles attendirent modestement que les deux jeunes pasteurs, tout surpris de la rencontre et d'une proposition si séduisante, prissent la parole pour leur répondre. On juge qu'ils ne se firent pas prier pour accepter, et les fées, qui les virent si bien disposés à faire ce qu'elles souhaitaient : - Revenez demain, dirent-elles, au bord de ce champ mais revenez à jeûn, afin qu'en nous épousant, vous puissiez rompre le charme qui nous retient captives. Alors nous ne serons plus fées, mais nous serons vos femmes... - Prenez garde, pour notre bonheur et pour le vôtre, de n'avoir point mangé avant que nous soyons unis. Le lendemain, les jeunes bergers revinrent, pleins d'espérance, au lieu que les fées leur avaient désigné. C'était le temps où les blés se forment.  L'un des deux, cueillant un épi par inadvertance, en détacha un grain qu'il rompit entre ses dents, pour savoir s'il mûrissait. Aussitôt la fée qui lui était promise, s'écria en tressaillant : - Tu m'as replongée dans le charme dont j'allais être tirée ; tu m'as rendue fée à jamais, hélas ! Et elle disparut dans le même instant. Mais l'autre fée, s'adressant à son fiancé qui avait été plus attentif à suivre ses avis, lui dit : - Songe à présent, ô berger ! que je vais être ta femme, car tu as détruit l'enchantement qui me tenait éloignée des hommes. Mais si tu veux me conserver près de toi, souviens-toi de ne m'appeler jamais fée ni folle... Au surplus, sois confiant et ne crains rien de ce qui va arriver. Tandis que la belle fée lui donnait ces doux encouragements, un serpent s'éleva de terre, et s'enroulant à l'entour du bâton du pasteur, approcha sa bouche de la sienne : baiser mystique, consécration surhumaine de l'alliance de l'homme avec la fée... Le berger le reçut en silence et fixa tendrement ses yeux sur la vierge enchantée, pour laquelle il souffrait cette caresse. Alors elle le prit par la main et le conduisit dans une caverne où il y avait beaucoup d'or et d'argent. Ils chargèrent ces richesses sur deux mulets, et furent les convertir aussitôt en une maison rustique, accompagnée des plus belles terres de la contrée. Puis ils eurent de beaux enfants... Et les années s'écoulèrent. Or, il arriva un jour que l'épouse, jeune encore, qui avait retenu de son enchantement certaine faculté divinatoire, ayant regardé le ciel, là où des yeux vulgaires ne voyaient que la sérénité présente, y lut les signes d'un ouragan terrible, qui devait fondre sur le pays, dans la soirée. Aussitôt, ménagère prudente et pour prévenir de plus grands malheurs, elle ordonna à ses domestiques de couper les moissons, bien qu'elles n'eussent pas atteint leur entière maturité, et elle les fit rentrer sous l'abri de ses granges. Son époux qui était absent, revint pour lors, et voyant les valets de la ferme occupés à enlever les blés avant qu'ils ne fussent mûrs, il leur demanda avec colère qui leur avait commandé un pareil travail. Et comme les serviteurs tremblants lui répondirent qu'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres de sa femme, il l'aperçut elle-même qui venait au-devant de lui : - Oh ! la folle, s'écria-t-il ; est-il possible qu'un acte aussi extravagant ait pu entrer dans ta pensée ! À ce mot fatal, et poussant un profond soupir, l'épouse disparut aux yeux de son mari consterné, et rentra brusquement sous le charme qui reprit sur elle son pouvoir. Dans la soirée de ce jour, une effroyable bourrasque descendit dans la vallée : les eaux rompirent leurs digues, inondant les champs et ruinant les moissons. Alors le triste pasteur, qui vit son grain sauvé par la prévoyance de sa femme, lui rendit, en gémissant, une tardive justice. Il la rappela, mais en vain. Cependant elle revenait, chaque aurore, dans une chambre isolée de la maison. Là, se rendaient près d'elle ses enfants, beaux comme le jour, et elle aimait à peigner leurs blonds cheveux avec un soin infini. Elle les avait conjurés de ne dire à personne son retour secret. Le père qui ne pouvait s'expliquer l'ordre splendide qui régnait sans cesse dans l'arrangement de ces merveilleuses chevelures, interrogea les enfants, leur demandant quelle était la main habile qui leur rendait ce service journalier. Mais, dociles à la prière d'une mère, ils ne voulurent point le dire. À la fin, il les suivit doucement vers la chambre où ils montaient à la dérobée, et il vit... ce fut pour jamais... sa jeune épouse, plus belle qu'au jour où il l'avait fiancée : elle tenait à la main un peigne précieux, qu'elle promenait, heureuse, sur la blonde tête de ses fils. À peine entrevit-elle son indiscret époux, qu'elle s'évanouit comme un songe : et les enfants, ainsi que leur père, l'eurent vue pour la dernière fois. E. Cordier 
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02-01-2008, 00:54:42 Nadine Berger Blé Enfant Fées Femme Grain Ouragan Peigne Serpent
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| 19-12-2007 Contes & Légendes |
Le sapin de Noël |
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Les fêtes de fin d'année approchent à grands pas et le 24 décembre au soir tous les enfants du monde attendront qu'au pied du traditionnel sapin de Noël, le Père Noël dépose les cadeaux tant attendus. Occupant une place très importante dans cette fête, le sapin de Noël a une origine très lointaine. Dans les siècles passés, entre 2000 et 1200 avant Jésus-Christ, le sapin était dejà connu sous le nom d'épicéa. Dans la signification du sapin de Noël, certains voient en lui l'arbre de l'enfantement et il traduit beaucoup plus largement la renaissance du soleil. Chez les Celtes, lors de l'adoption d'un nouveau calendrier basé sur la succession des cycles lunaires, chaque mois lunaire correspondait à un arbre et l'épicéa fut choisit pour représenter le mois de décembre. Nous pouvons voir que dans la culture païenne, lorsque l'on choisissait un arbre comme symbole de vie, la tradition voulait qu'on le décore de fleurs, de fruits et de blé au solstice d'hiver. Cette tradition fut reprise par l'église chrétienne en l'an 354. En effet, le 25 décembre, jour de la nativité du Christ, l'église chrétienne pour convertir de nouveaux pratiquants adopta cette tradition et au fil du temps, les décorations de Noël sur le sapin se généralisèrent. Plus particulièrement en Alsace- Lorraine qui est considérée comme le berceau français de la tradition du sapin de Noël grâce à la duchesse d'Orléans Hélène de Macklembourg qui apporta et instaura le premier arbre de Noël : le sapin. L'arbre de Noël représentait alors principalement les richesses et cadeaux de la Nature et on accrochait des pommes, des confiseries et des gâteaux au bouts de ses branches. Plus tard, un symbole en rapport avec les rois mages fut intégré au sapin de Noël : l'étoile, symbole de l'étoile de Bethéem qui les guida jusqu'à l'étable où le Christ était né. La tradition du sapin de Noël s'encra alors petit à petit dans les traditions de Noël et pris une place de plus en plus importante dans les chaumières de France et du monde entier avec l'instauration le 24 décembre, jour du réveillon, en plus de la naissance du Christ, de la tradition des cadeaux de Noël déposés au pied du sapin par le Père Noël. Les décorations de Noël évoluant avec le temps, la coutume de la boule de Noël fit son apparition en France, plus précisement en Moselle. En effet, un artisan avait eu l'idée pour remplacer les vraies pommes, de créer des boules artificielles. Ainsi fut faite l'histoire du sapin de Noël.
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19-12-2007, 20:45:24 Nadine Année Arbre Fêtes Noël Père Noël Sapin
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| 15-11-2007 Contes & Légendes |
Les fées et le géant |
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En ce temps-là, dans tout le pays de Galles, il n'y avait pas une region où il y eût plus de fées que la vallée de Rhymney. Et c'est là qu'elles se trouvaient le plus heureuses. Les nuits où la lune brillait dans le ciel, on les voyait danser et chanter joyeusement sur la lande, et les habitants du pays se seraient bien gardés de leur causer le moindre tort tant elles étaient estimées et répandaient leurs bienfaits à ceux qui étaient dans le besoin.Or, il arriva qu'un cruel géant vint s'installer à Gilfach Fargoed, juste au-dessus de la vallée. Sa demeure était une haute tour entourée d'un grand jardin dans lequel nul ne pouvait pénétrer car il était gardé par un redoutable serpent venimeux. Mais le géant, lui, s'en allait toutes les nuits, armé de sa terrible massue, pour chercher des proies dans les alentours. Quand il rencontrait une fée, il la tuait et la mangeait. Aussi, on n'entendit plus le chant des fées et on ne les vit plus danser au clair de lune comme autrefois. Il y avait, dans le village, un jeune garçon, qui avait perdu son père et sa mère, et qui avait depuis longtemps échafaudé un plan pour se débarrasser du géant. Un jour, il se décida et s'en alla trouver la reine des fées. Parce qu'il était lui-même de la race des fées, il connaissait le langage des oiseaux, et, après avoir mûri son plan avec la reine, il s'en alla, une nuit très sombre, pour consulter une chouette qui vivait dans le tronc d'un chêne dans le grand bois de Pencoed. Cette chouette, qu'on appelait Bedwellte, était très vieille et elle avait la réputation de savoir tous les grands secrets du monde. Le jeune homme lui expliqua la situation et lui demanda son assistance. La chouette promit de l'aider à triompher du géant. Le géant avait en effet l'habitude de rencontrer, presque chaque nuit, sous un grand pommier qui se trouvait près de sa demeure, une sorcière à qui il faisait sa cour. Et pendant qu'il faisait sa cour, il ne se méfiait de rien, tant il était amoureux de la sorcière. Il s'agissait donc d'obtenir la complicité de tous les oiseaux qui craignaient le géant pour que ceux-ci pussent aider la chouette à attacher un arc et une flèche sur une branche du pommier. Alors, pendant que le géant ferait sa cour, la chouette tirerait une flèche contre lui. Dès que le plan fut mis au point entre le jeune homme, la chouette et les oiseaux, on guetta le géant. Or, une nuit, comme le géant s'était rendu à son endroit habituel, sous le pommier, et qu'il y attendait la sorcière, il s'endormit parce que celle-ci ne venait pas. Profitant de ce sommeil, la chouette fit partir la flèche et celle-ci pénétra dans la poitrine du géant et le tua net. Alors, la chouette prit son envol et retourna vers le bois de Pencoed, en poussant des hululements de joie.
La sorcière arriva peu de temps après sur le lieu du rendez-vous. Elle y trouva le géant mort et s'en étonna grandement. Mais comme son esprit était uniquement préoccupé par le géant, elle n'entendit pas approcher les oiseaux qui, n'ayant désormais plus rien à craindre du géant, se précipitèrent sur elle et la transpercèrent de leurs becs acérés. Ainsi fut tuée la sorcière maudite, mais avant de mourir, elle avait eu le temps de lancer une malédiction : elle jura que, désormais, toutes les pommes de l'arbre sous lequel avait été tué le géant, ainsi que toutes les pommes des mêmes arbres, en dehors de ce jardin, feraient grincer des dents à tous ceux qui en mangeraient. Et c'est depuis ce temps-là que les fruits des pommiers sauvages sont aigres. Quand il vit que le géant et la sorcière étaient morts, le serpent qui gardait le jardin eut une si grande peur qu'il se tordit sur lui-même et mourut. Le jeune homme l'enterra, et sur le sol dont il le recouvrit, il planta des fleurs qui sont, depuis lors, connues sous le nom de blodau'r neidr, c'est-à-dire « fleurs de serpent ». Le géant possédait d'immenses richesses d'or et d'argent dans sa maison. La reine des fées accompagna le jeune homme à l'intérieur et ils les découvrirent. Alors, la reine des fées partagea le trésor et les distribua à toutes les fées. Une douzaine d'entre elles décidèrent de s'établir près de la demeure du géant, mais elles ne purent pas y rester longtemps à cause de la puanteur répandue par le cadavre du monstre. Elles creusèrent une grande fosse pour l'y enterrer, mais là encore, elles ne purent mener leur travail à terme à cause de la mauvaise odeur. L'une des fées suggéra de brûler le cadavre et d'en disperser les cendres au vent. C'est donc ce qu'elles convinrent de faire. Mais une fois qu'elles eurent mis le feu au corps du géant, les flammes devinrent si violentes qu'elles débordèrent de la fosse et se mirent à brûler tout dans les alentours. Les fées durent en hâte aller chercher de l'eau pour éteindre le brasier. Quand tout fut terminé, elles s'aperçurent que les côtés de la fosse étaient faits d'une pierre noire et brillante comme du cristal. Elles en prirent des parties et les emmenèrent dans leurs demeures, et là, elles comprirent que cette pierre noire constituait un excellent combustible pour faire du feu et se chauffer. Et l'on raconte que c'est ainsi que furent découverts les filons de charbons qui se trouvent dans la vallée de Rhymney. Quant à la chouette, après la mort du géant et de la sorcière, elle prit l'habitude de venir, chaque nuit où la lune était claire, du grand bois de Pencoed à Gilfach Fargoed, pour faire la fête avec les fées. De nos jours, leurs descendants sont toujours là, et, pour commémorer l'événement, ils allument des feux sur la lande, au-dessus de la vallée de Rhymney, et ils dansent toute la nuit en chantant joyeusement. 
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15-11-2007, 00:00:52 Nadine Chouette Fées Géant Nuit Sorcière
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| 17-10-2007 Contes & Légendes |
La légende de la femme-cygne |
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La Femme-cygne est une légende qui raconte l'histoire d'un jeune homme célibataire qui vole une robe magique faite de plumes de cygne à une femme-cygne pour qu'elle ne puisse pas s'envoler et l'épouse. Dans la plupart des versions, elle porte ses enfants ; lorsque les enfants grandissent, ils chantent une chanson sur l'endroit où leur père à caché la robe de leur mère ; dans d'autre versions, un des enfants demande à sa mère pourquoi elle pleure continuellement et trouve la robe, ou ils lui révèlent le secret d'une autre façon. La femme-cygne reprend immédiatement sa robe et disparaît d'où elle vient. Bien que cela l'attriste d'abandonner ses enfants, elle ne les emporte pas avec elle. Dans certaines versions, le mari parvient à la retrouver seulement après une quête ardue ; le plus souvent, l'impossibilité de la retrouver est suffisamment claire qu'il ne s'y tente même pas. Ce thème est assez répandu dans les récits folkloriques à travers le monde, bien que les animaux puissent varier. Le récit italien parle plutôt d'une fille-colombe. Il y a les selkies celtes qui prennent la forme de phoques. Un conte croate met en vedette une louve. En Afrique, le même thème est exploité avec des femmes-buffles. En Asie orientale, des contes similaires utilisent des femmes qui se transforment en différentes espèces d'oiseaux. Au Japon, c'est la robe d'un ange qui est volée. 
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17-10-2007, 00:00:19 Nadine Cygne Enfants Femme PLumes Robe
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| 29-09-2007 Contes & Légendes |
Les fées de la dune |
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Il était une fois un berger qui gardait ses moutons au coeur de la Grande Lande. C'était un endroit désert, infiniment plat, où seule était construite une petite grange en bois. Près de là, était un petit étang où les bêtes allaient boire et une grande pelouse où l'herbe poussait à peine. Ce berger aimait la solitude et ses compagnons le trouvaient même fier. Il est vrai qu'il savait un peu lire et cela lui attirait bien des jalousies. - Tu sais lire mais tu sens le bouc comme les autres.... lui disait-on. Il laissait dire et n'en faisait qu'à sa tête. ll savait que l'on racontait parfois qu'il y avait des bruits étranges sous le sable de la dune. Il savait aussi que c'était vrai. En gardant son troupeau, il en avait entendus de toutes sortes : comme si on lavait la vaisselle, comme si l'on jouait avec des billes de cristal. Parfois, il y avait de grands éclats de rire. Beaucoup de monde semblait vivre là, et bien vivre. 
C'était l'été. Le soleil tapait dur et on laissait les moutons dehors pour la nuit. Il faisait un beau clair de lune et les étoiles étaient filantes. Le berger s'installa près d'une chandelle pour lire le livre qu'il avait dans son sac. Pour l'instant, il regardait le ciel. À minuit, la dune s'ouvrit juste par le milieu, devant lui. Il entendit une voix de femme qui disait gentiment : - Petite, va voir ce qui se passe sur la dune. Le berger vit alors venir vers lui une très jolie petite fille. - Mère, dit-elle, je vois un berger assis sur une touffe de bruyère. - Dis-lui de descendre ici. Et qu'il n'ait pas peur pour son troupeau. La fillette s'approcha du berger. - Il faut que vous veniez chez nous. N'ayez aucune crainte pour votre troupeau. Le berger comprit que l'aventure était doucement venue à lui. Je ne peux pas manquer cela, pensa-t-il. Il suivit donc la fillette et descendit sous la dune. Il arriva dans la salle d'un logis si beau, qu'il n'en avait jamais vu de pareil. Il y avait des miroirs partout, de la vaisselle d'argent et les meubles brillaient comme de la rosée au soleil. Par hasard, il regarda en passant dans un miroir, et il fut stupéfait d'y voir les autres bergers, juchés sur leurs échasses, surveiller les troupeaux qui s'étendaient à l'infini. Ici et là, il y avait des arbres gigantesques qui étaient les seules montagnes de ce pays. Il vit soudain un groupe de jeunes femmes qui riaient en parlant de lui. Elles étaient belles, gracieuses et faisaient plaisir à voir. Il y en avait une, toute jeune, avec sur les cheveux une couronne de bruyère et d'ajoncs fleuris. - Berger, dit-elle, ne t'occupe pas de tes brebis. Profite de ta venue ici. Restaure-toi et repose- toi. On t'a trouvé du vin de sable qui ne te fera pas mal. En fait, il y avait des mets exquis auxquels il n'avait, jusqu'à présent, jamais goûté. - De ma vie, je n'ai aussi bien mangé, se dit-il. Les fées le conduisirent ensuite à un lit en beau bois rose de cerisier, où il n'osait pas se coucher. - Ce n'est certes pas le grabat de la grange avec son matelas de vieilles fougères sèches, se dit- il. Il s'endormit délicieusement. Quand il s'éveilla, une douce lumière apparut à son chevet et il prit le livre qu'il avait dans son sac. Et il se mit à lire, à lire... - Ne t'inquiète pas, berger, disait une voix. Quand la dune s'ouvrira, tu pourras retourner avec tes moutons. À minuit, la dune se rouvrit et il put s'en aller. Le troupeau était à sa place et bien rassasié. Il n'eut donc plus d'inquiétude à attendre minuit en regardant les étoiles filantes. Désormais, il allait régulièrement chez les fées. Il y en avait une qui était pour lui plus belle que les autres. Ils se prirent facilement d'amitié. Les autres bergers ne le virent plus à la surface de la lande. - Où te caches-tu ? lui demandait-on. Mais il ne pouvait parler. Il était désormais seulement mieux vêtu. Il sentait plutôt la fleur d'ajonc que le bouc, et surtout, il avait dans ses poches de belles pièces d'argent que lui donnaient les fées. Quant à son troupeau, il prospérait mieux que les autres. Jamais une brebis ne s'égarait, même, semblait-il, elles ne voulaient pas se mêler aux autres. Les bergers parlèrent beaucoup de cela, et deux d'entre eux voulurent en avoir le coeur net. Ils se mirent à surveiller celui qui avait rendez-vous avec les fées. Un soir, à minuit, ils le virent se glisser vers la dune de Boumbet. Le berger essayait de se cacher derrière les bruyères et les genêts mais ils réussirent à le suivre. Ils arrivèrent juste à temps pour le voir s'engouffrer dans la dune. Cela suffit pour que tout le monde parle de cet événement, d'Arengosse à Labouheyre, de Cantegrit à Luglon. On sonna même les cloches au clocher de Sabre. Un tel vacarme alerta les fées et plus jamais la dune ne s'ouvrit au berger. Il eut beau lire et relire tous ses livres, pleurer toutes ses larmes, la dune ne bougea plus. Pauvre il avait été, pauvre il redevint. Et pourtant, il resta toujours au même endroit, personne n'aurait pu le faire changer. Il était bien là. Certains disent l'avoir vu marcher sur la dune et frapper le sol avec son bâton, comme quelqu'un qui frappe à une porte... 
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29-09-2007, 01:04:46 Nadine Berger Dune Fées
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| 20-09-2007 Contes & Légendes |
Siegfried et le dragon Fafnir |

Il y avait déjà bien des saisons que le nain Régin avait recueilli la mère de Siegfried, Sieglinde, perdue dans cette contrée déserte et sauvage, juste avant qu'elle ne donne naissance à son fils. Il les avait abrités, protégés, nourris et, comme un père , il avait donné au jeune homme une éducation complète, digne des grands guerriers de ce monde. Il lui avait enseigné l'art du combat, les ruses de la chasse, comment apprivoiser un chevreuil, dominer des loups ou dompter un ours. Il lui avait trouvé pour ami et compagnon de tous les instants un fougueux étalon gris. Un matin, au retour d' une course lointaine, Siegfried dit à Régin avoir entendu d'étranges bruits sur la lande, de lointains feulement, sourds et rauques. Le nain comprit qu'il ne pourrait cacher longtemps la vérité à son protégé : ces cris sinistres étaient ceux d'un redoutable dragon qui régnait sur la lande. 
Ce dragon, nommé Fafnir veillait sur un fabuleux trésor, dont un anneaux d'or et un heaume magique conféraient à ceux qui le possédaient richesse et immortalité. Régin mit solennellement Siegfried en garde : tous ceux qui avaient affronté ce monstre avaient disparu à tout jamais. Cela ne fit qu'augmenter la détermination de Siegfried d'affronter le dragon. Régin décida alors de confier au jeune homme l'épée de son père Sigmund. L'arme avait été brisée lors d'un terrible et ultime combat livré par Siegmund avant la naissance de son fils. Régin avait récupéré l'arme et l'avait réparée. Cette épée étincelante, avant d'être celle du père de Siegfried , avait appartenu au puissant dieu Wotan. Douée de pouvoir magique l'arme avait pour nom Nothung. Simulant l'indifférence, Fafnir laissa approcher son ennemi jusqu'à ce que le celui-ci , descendu de sa monture, fût en mesure de lui asséner de violents coups d'épée. Ces coups glissaient sur ses écailles sans lui faire bien mal. Mais l'un d' eux porté sur une articulation provoqua une désagréable douleur. Alors saisi d'une effroyable colère, le dragon prit son souffle et cracha un infernal torrent de flammes. Engloutis par le brasier, le nain et le cheval, qui accompagnaient le valeureux jeune homme furent tués sur le coup. Seul Siegfried survécut, plus prompt, ayant pu reculer à temps. Fafnir approcha lentement. Parvenu à faible distance, il décida d'en finir : il prit une nouvelle fois son souffle. Siegfried concentra alors toute sa volonté pour invoquer l'aide des dieux. Soudain, de Nothung jaillit un éclair aveuglant, une lumière intense, insupportable, destructrice qui frappa le monstre de plein fouet.

Foudroyé et aveuglé, Fafnir chancela, lança plusieurs coups de pattes dans le vide. En vain. Siegfried frappa et Fafnir s' effondra pour toujours. Les dieux avaient aidé Siegfried. Etourdi de sa victoire, le jeune homme trempa ses lèvres dans le sang qui maculait Nothung. Aussitôt il sentit une étrange mutation s'opérer en lui : le langage des oiseaux, qui commentaient sa victoire, lui était parfaitement compréhensible. Alors Siegfried s'enduisit tout le corps du sang du dragon et à ce contact sa peau commença à s'épaissir, se transformant en un cuir impénétrable aux armes. Toutefois, sans qu'il le sentît, une feuille de tilleul vint se coller dans son dos, isolant la peau et ménageant ainsi un endroit vulnérable. 
Par la suite, guidé par les animaux, Siegfried arriva jusqu'à une île mystérieuse où se trouvait la walkyrie Brunrhilde. Elle avait été endormie là pour toujours, par le dieu Wotan, au sommet d'une montagne encerclée de flamme. Siegfried osa franchir le rideau incandescent et en embrassant Brunehilde sur les lèvres, lui rendit la vie. Tous deux connurent le bonheur jusqu'au jour où Siegfried mourut au combat, frappé dans le dos, juste à l'endroit ou la feuille de tilleul s'était posée. 
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20-09-2007, 00:00:22 Nadine
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| 05-09-2007 Contes & Légendes |
La Petite Sirène |
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 Au large dans la mer, l'eau est bleue comme les pétales du plus beau bleuet et transparente comme le plus pur cristal ; mais elle est si profonde qu'on ne peut y jeter l'ancre et qu'il faudrait mettre l'une sur l'autre bien des tours d'église pour que la dernière émerge à la surface. Tout en bas, les habitants des ondes ont leur demeure. Mais n'allez pas croire qu'il n'y a là que des fonds de sable nu blanc, non il y pousse les arbres et les plantes les plus étranges dont les tiges et les feuilles sont si souples qu'elles ondulent au moindre mouvement de l'eau. On dirait qu'elles sont vivantes. Tous les poissons, grands et petits, glissent dans les branches comme ici les oiseaux dans l'air.A l'endroit le plus profond s'élève le château du Roi de la Mer. Les murs en sont de corail et les hautes fenêtres pointues sont faites de l'ambre le plus transparent, mais le toit est en coquillages qui se ferment ou s'ouvrent au passage des courants. L'effet en est féerique car dans chaque coquillage il y a des perles brillantes dont une seule serait un ornement splendide sur la couronne d'une reine.  Le Roi de la Mer était veuf depuis de longues années, sa vieille maman tenait sa maison. C'était une femme d'esprit, mais fière de sa noblesse ; elle portait douze huîtres à sa queue, les autres dames de qualité n'ayant droit qu'à six. Elle méritait du reste de grands éloges et cela surtout parce qu'elle aimait infiniment les petites princesses de la mer, filles de son fils. Elles étaient six enfants charmantes, mais la plus jeune était la plus belle de toutes, la peau fine et transparente tel un pétale de rose blanche, les yeux bleus comme l'océan profond... mais comme toutes les autres, elle n'avait pas de pieds, son corps se terminait en queue de poisson. Le château était entouré d'un grand jardin aux arbres rouges et bleu sombre, aux fruits rayonnants comme de l'or, les fleurs semblaient de feu, car leurs tiges et leurs pétales pourpres ondulaient comme des flammes. Le sol était fait du sable le plus fin, mais bleu comme le soufre en flammes. Surtout cela planait une étrange lueur bleuâtre, on se serait cru très haut dans l'azur avec le ciel au-dessus et en dessous de soi, plutôt qu'au fond de la mer. Par temps très calme, on apercevait le soleil comme une fleur de pourpre, dont la corolle irradiait des faisceaux de lumière. Chaque princesse avait son carré de jardin où elle pouvait bêcher et planter à son gré, l'une donnait à sa corbeille de fleurs la forme d'une baleine, l'autre préférait qu'elle figurât une sirène, mais la plus jeune fit la sienne toute ronde comme le soleil et n'y planta que des fleurs éclatantes comme lui. C'était une singulière enfant, silencieuse et réfléchie. Tandis que ses soeurs ornaient leurs jardinets des objets les plus disparates tombés de navires naufragés, elle ne voulut, en dehors des fleurs rouges comme le soleil de là-haut, qu'une statuette de marbre, un charmant jeune garçon taillé dans une pierre d'une blancheur pure, et échouée, par suite d'un naufrage, au fond de la mer. Elle planta près de la statue un saule pleureur rouge qui grandit à merveille. Elle n'avait pas de plus grande joie que d'entendre parler du monde des humains. La grand-mère devait raconter tout ce qu'elle savait des bateaux et des villes, des hommes et des bêtes et, ce qui l'étonnait le plus, c'est que là- haut, sur la terre, les fleurs eussent un parfum, ce qu'elles n'avaient pas au fond de la mer, et que la forêt y fût verte et que les poissons voltigeant dans les branches chantassent si délicieusement que c'en était un plaisir. C'étaient les oiseaux que la grand-mère appelait poissons, autrement les petites filles ne l'auraient pas comprise, n'ayant jamais vu d'oiseaux. - Quand vous aurez vos quinze ans, dit la grand-mère, vous aurez la permission de monter à la surface, de vous asseoir au clair de lune sur les rochers et de voir passer les grands vaisseaux qui naviguent et vous verrez les forêts et les villes, vous verrez !!! Au cours de l'année, l'une des soeurs eut quinze ans et comme elles se suivaient toutes à un an de distance, la plus jeune devait attendre cinq grandes années avant de pouvoir monter du fond de la mer. Mais chacune promettait aux plus jeunes de leur raconter ce qu'elle avait vu de plus beau dès le premier jour, grand-mère n'en disait jamais assez à leur gré, elles voulaient savoir tant de choses ! Aucune n'était plus impatiente que la plus jeune, justement celle qui avait le plus longtemps à attendre, la silencieuse, la pensive ...  Que de nuits elle passait debout à la fenêtre ouverte, scrutant la sombre eau bleue que les poissons battaient de leurs nageoires et de leur queue. Elle apercevait la lune et les étoiles plus pâles il est vrai à travers l'eau, mais plus grandes aussi qu'à nos yeux. Si parfois un nuage noir glissait au-dessous d'elles, la petite savait que c'était une baleine qui nageait dans la mer, ou encore un navire portant de nombreux hommes, lesquels ne pensaient sûrement pas qu'une adorable petite sirène, là, tout en bas, tendait ses fines mains blanches vers la quille du bateau. Vint le temps où l'aînée des princesses eut quinze ans et put monter à la surface de la mer. A son retour, elle avait mille choses à raconter mais le plus grand plaisir, disait-elle, était de s'étendre au clair de lune sur un banc de sable par une mer calme et de voir, tout près de la côte, la grande ville aux lumières scintillantes comme des centaines d'étoiles, d'entendre la musique et tout ce vacarme des voitures et des gens, d'apercevoir tant de tours d'églises et de clochers, d'entendre sonner les cloches. Justement, parce qu'elle ne pouvait y aller, c'était de cela qu'elle avait le plus grand désir. Oh ! comme la plus jeune soeur l'écoutait passionnément, et depuis lors, le soir, lorsqu'elle se tenait près de la fenêtre ouverte et regardait en haut à travers l'eau sombre et bleue, elle pensait à la grande ville et à ses rumeurs, et il lui semblait entendre le son des cloches descendant jusqu'à elle.  L'année suivante, il fut permis à la deuxième soeur de monter à la surface et de nager comme elle voudrait. Elle émergea juste au moment du coucher du soleil et ce spectacle lui parut le plus merveilleux. Tout le ciel semblait d'or et les nuages - comment décrire leur splendeur ? - pourpres et violets, ils voguaient au-dessus d'elle, mais, plus rapide qu'eux, comme un long voile blanc, une troupe de cygnes sauvages volaient très bas au-dessus de l'eau vers le soleil qui baissait. Elle avait nagé de ce côté, mais il s'était enfoncé, il avait disparu et la lueur rose s'était éteinte sur la mer et sur les nuages.L'année suivante, ce fut le tour de la troisième soeur. Elle était la plus hardie de toutes, aussi remonta-t-elle le cours d'un large fleuve qui se jetait dans la mer. Elle vit de jolies collines vertes couvertes de vignes, des châteaux et des fermes apparaissaient au milieu des forêts, elle entendait les oiseaux chanter et le soleil ardent l'obligeait souvent à plonger pour rafraîchir son visage brûlant. Dans une petite anse, elle rencontra un groupe d'enfants qui couraient tout nus et barbotaient dans l'eau. Elle aurait aimé jouer avec eux, mais ils s'enfuirent effrayés, et un petit animal noir - c'était un chien, mais elle n'en avait jamais vu - aboya si férocement après elle qu'elle prit peur et nagea vers le large. La quatrième n'était pas si téméraire, elle resta au large et raconta que c'était là précisément le plus beau. On voyait à des lieues autour de soi et le ciel, au-dessus, semblait une grande cloche de verre. Elle avait bien vu des navires, mais de très loin, ils ressemblaient à de grandes mouettes, les dauphins avaient fait des culbutes et les immenses baleines avaient fait jaillir l'eau de leurs narines, des centaines de jets d'eau.  Vint enfin le tour de la cinquième soeur. Son anniversaire se trouvait en hiver, elle vit ce que les autres n'avaient pas vu. La mer était toute verte, de- ci de-là flottaient de grands icebergs dont chacun avait l'air d'une perle.Elle était montée sur l'un d'eux et tous les voiliers s'écartaient effrayés de l'endroit où elle était assise, ses longs cheveux flottant au vent, mais vers le soir les nuages obscurcirent le ciel, il y eut des éclairs et du tonnerre, la mer noire élevait très haut les blocs de glace scintillant dans le zigzag de la foudre. Sur tous les bateaux, on carguait les voiles dans l'angoisse et l'inquiétude, mais elle, assise sur l'iceberg flottant, regardait la lame bleue de l'éclair tomber dans la mer un instant illuminée. La première fois que l'une des soeurs émergeait à la surface de la mer, elle était toujours enchantée de la beauté, de la nouveauté du spectacle, mais, devenues des filles adultes, lorsqu'elles étaient libres d'y remonter comme elles le voulaient, cela leur devenait indifférent, elles regrettaient leur foyer et, au bout d'un mois, elles disaient que le fond de la mer c'était plus beau et qu'on était si bien chez soi ! Lorsque le soir les soeurs, se tenant par le bras, montaient à travers l'eau profonde, la petite dernière restait toute seule et les suivait des yeux ; elle aurait voulu pleurer, mais les sirènes n'ont pas de larmes et n'en souffrent que davantage. - Hélas ! que n'ai-je quinze ans ! soupirait-elle. Je sais que moi j'aimerais le monde de là-haut et les hommes qui y construisent leurs demeures. - Eh bien, tu vas échapper à notre autorité, lui dit sa grand-mère, la vieille reine douairière. Viens, que je te pare comme tes soeurs. Elle mit sur ses cheveux une couronne de lys blancs dont chaque pétale était une demi-perle et elle lui fit attacher huit huîtres à sa queue pour marquer sa haute naissance. - Cela fait mal, dit la petite. - Il faut souffrir pour être belle, dit la vieille. Oh ! que la petite aurait aimé secouer d'elle toutes ces parures et déposer cette lourde couronne ! Les fleurs rouges de son jardin lui seyaient mille fois mieux, mais elle n'osait pas à présent en changer. - Au revoir, dit-elle, en s'élevant aussi légère et brillante qu'une bulle à travers les eaux. Le soleil venait de se coucher lorsqu'elle sortit sa tête à la surface, mais les nuages portaient encore son reflet de rose et d'or et, dans l'atmosphère tendre, scintillait l'étoile du soir, si douce et si belle ! L'air était pur et frais, et la mer sans un pli. Un grand navire à trois mâts se trouvait là, une seule voile tendue, car il n'y avait pas le moindre souffle de vent, et tous à la ronde sur les cordages et les vergues, les matelots étaient assis. On faisait de la musique, on chantait, et lorsque le soir s'assombrit, on alluma des centaines de lumières de couleurs diverses. On eût dit que flottaient dans l'air les drapeaux de toutes les nations. La petite sirène nagea jusqu'à la fenêtre du salon du navire et, chaque fois qu'une vague la soulevait, elle apercevait à travers les vitres transparentes une réunion de personnes en grande toilette. Le plus beau de tous était un jeune prince aux yeux noirs ne paraissant guère plus de seize ans. C'était son anniversaire, c'est pourquoi il y avait grande fête. Les marins dansaient sur le pont et lorsque Le jeune prince y apparut, des centaines de fusées montèrent vers le ciel et éclatèrent en éclairant comme en plein jour. La petite sirène en fut tout effrayée et replongea dans l'eau, mais elle releva bien vite de nouveau la tête et il lui parut alors que toutes les étoiles du ciel tombaient sur elle. Jamais elle n'avait vu pareille magie embrasée. De grands soleils flamboyants tournoyaient, des poissons de feu s'élançaient dans l'air bleu et la mer paisible réfléchissait toutes ces lumières. Sur le navire, il faisait si clair qu'on pouvait voir le moindre cordage et naturellement les personnes. Que le jeune prince était beau, il serrait les mains à la ronde, tandis que la musique s'élevait dans la belle nuit ! Il se faisait tard mais la petite sirène ne pouvait détacher ses regards du bateau ni du beau prince. Les lumières colorées s'éteignirent, plus de fusées dans l'air, plus de canons, seulement, dans le plus profond de l'eau un sourd grondement. Elle flottait sur l'eau et les vagues la balançaient, en sorte qu'elle voyait l'intérieur du salon. Le navire prenait de la vitesse, l'une après l'autre on larguait les voiles, la mer devenait houleuse, de gros nuages parurent, des éclairs sillonnèrent au loin le ciel. Il allait faire un temps épouvantable ! Alors, vite les matelots replièrent les voiles. Le grand navire roulait dans une course folle sur la mer démontée, les vagues, en hautes montagnes noires, déferlaient sur le grand mât comme pour l'abattre, le bateau plongeait comme un cygne entre les lames et s'élevait ensuite sur elles. Les marins, eux, si la petite sirène s'amusait de cette course, semblaient ne pas la goûter, le navire craquait de toutes parts, les épais cordages ployaient sous les coups. La mer attaquait. Bientôt le mât se brisa par le milieu comme un simple roseau, le bateau prit de la bande, l'eau envahit la cale. Alors seulement la petite sirène comprit qu'il y avait danger, elle devait elle- même se garder des poutres et des épaves tourbillonnant dans l'eau. Un instant tout fut si noir qu'elle ne vit plus rien et, tout à coup, le temps d'un éclair, elle les aperçut tous sur le pont. Chacun se sauvait comme il pouvait. C'était le jeune prince qu'elle cherchait du regard et, lorsque le bateau s'entrouvrit, elle le vit s'enfoncer dans la mer profonde. Elle en eut d'abord de la joie à la pensée qu'il descendait chez elle, mais ensuite elle se souvint que les hommes ne peuvent vivre dans l'eau et qu'il ne pourrait atteindre que mort le château de son père. Non ! il ne fallait pas qu'il mourût ! Elle nagea au milieu des épaves qui pouvaient l'écraser, plongea profondément puis remonta très haut au milieu des vagues, et enfin elle approcha le prince. Il n'avait presque plus la force de nager, ses bras et ses jambes déjà s'immobilisaient, ses beaux yeux se fermaient, il serait mort sans la petite sirène. Quand vint le matin, la tempête s'était apaisée, pas le moindre débris du bateau n'était en vue ; le soleil se leva, rouge et étincelant et semblant ranimer les joues du prince, mais ses yeux restaient clos. La petite sirène déposa un baiser sur son beau front élevé et repoussa ses cheveux ruisselants. Elle voyait maintenant devant elle la terre ferme aux hautes montagnes bleues couvertes de neige, aux belles forêts vertes descendant jusqu'à la côte. Une église ou un cloître s'élevait là - elle ne savait au juste, mais un bâtiment. Des citrons et des oranges poussaient dans le jardin et devant le portail se dressaient des palmiers. La mer creusait là une petite crique à l'eau parfaitement calme, mais très profonde, baignant un rivage rocheux couvert d'un sable blanc très fin. Elle nagea jusque-là avec le beau prince, le déposa sur le sable en ayant soin de relever sa tête sous les chauds rayons du soleil. Les cloches se mirent à sonner dans le grand édifice blanc et des jeunes filles traversèrent le jardin. Alors la petite sirène s'éloigna à la nage et se cacha derrière quelque haut récif émergeant de l'eau, elle couvrit d'écume ses cheveux et sa gorge pour passer inaperçue et se mit à observer qui allait venir vers le pauvre prince. Une jeune fille ne tarda pas à s'approcher, elle eut d'abord grand-peur, mais un instant seulement, puis elle courut chercher du monde. La petite sirène vit le prince revenir à lui, il sourit à tous à la ronde, mais pas à elle, il ne savait pas qu'elle l'avait sauvé. Elle en eut grand-peine et lorsque le prince eut été porté dans le grand bâtiment, elle plongea désespérée et retourna chez elle au palais de son père. Elle avait toujours été silencieuse et pensive, elle le devint bien davantage. Ses soeurs lui demandèrent ce qu'elle avait vu là-haut, mais elle ne raconta rien. Bien souvent le soir et le matin elle montait jusqu'à la place où elle avait laissé le prince. Elle vit mûrir les fruits du jardin et elle les vit cueillir, elle vit la neige fondre sur les hautes montagnes, mais le prince, elle ne le vit pas, et elle retournait chez elle toujours plus désespérée. A la fin elle n'y tint plus et se confia à l'une de ses soeurs. Aussitôt les autres furent au courant, mais elles seulement et deux ou trois autres sirènes qui ne le répétèrent qu'à leurs amies les plus intimes. L'une d'elles savait qui était le prince, elle avait vu aussi la fête à bord, elle savait d'où il était, où se trouvait son royaume. - Viens, petite soeur, dirent les autres princesses. Et, s'enlaçant, elles montèrent en une longue chaîne vers la côte où s'élevait le château du prince. Par les vitres claires des hautes fenêtres on voyait les salons magnifiques où pendaient de riches rideaux de soie et de précieuses portières. Les murs s'ornaient, pour le plaisir des yeux, de grandes peintures. Dans la plus grande salle chantait un jet d'eau jaillissant très haut vers la verrière du plafond. Elle savait maintenant où il habitait et elle revint souvent, le soir et la nuit. Elle s'avançait dans l'eau bien plus près du rivage qu'aucune de ses soeurs n'avait osé le faire, oui, elle entra même dans l'étroit canal passant sous le balcon de marbre qui jetait une longue ombre sur l'eau et là elle restait à regarder le jeune prince qui se croyait seul au clair de lune. Bien des nuits, lorsque les pêcheurs étaient en mer avec leurs torches, elle les entendit dire du bien du jeune prince, elle se réjouissait de lui avoir sauvé la vie lorsqu'il roulait à demi mort dans les vagues. Elle songeait au poids de sa tête sur sa jeune poitrine et de quels fervents baisers elle l'avait couvat. Lui ne savait rien de tout cela, il ne pouvait même pas rêver d'elle.  De plus en plus elle en venait à chérir les humains, de plus en plus elle désirait pouvoir monter parmi eux, leur monde, pensait-elle, était bien plus vaste que le sien. Ne pouvaient-ils pas sur leurs bateaux sillonner les mers, escalader les montagnes bien au-dessus des nuages et les pays qu'ils possédaient ne s'étendaient-ils pas en forêts et champs bien au-delà de ce que ses yeux pouvaient saisir ?Elle voulait savoir tant de choses pour lesquelles ses soeurs n'avaient pas toujours de réponses, c'est pourquoi elle interrogea sa vieille grand-mère, bien informée sur le monde d'en haut, comme elle appelait fort justement les pays au-dessus de la mer. - Si les hommes ne se noient pas, demandait la petite sirène, peuvent-ils vivre toujours et ne meurent-ils pas comme nous autres ici au fond de la mer ? - Si, dit la vieille, il leur faut mourir aussi et la durée de leur vie est même plus courte que la nôtre. Nous pouvons atteindre trois cents ans, mais lorsque nous cessons d'exister ici nous devenons écume sur les flots, sans même une tombe parmi ceux que nous aimons. Nous n'avons pas d'âme immortelle, nous ne reprenons jamais vie, pareils au roseau vert qui, une fois coupé, ne reverdit jamais. Les hommes au contraire ont une âme qui vit éternellement, qui vit lorsque leur corps est retourné en poussière. Elle s'élève dans l'air limpide jusqu'aux étoiles scintillantes. De même que nous émergeons de la mer pour voir les pays des hommes, ils montent vers des pays inconnus et pleins de délices que nous ne pourrons voir jamais. - Pourquoi n'avons-nous pas une âme éternelle ? dit la petite, attristée ; je donnerais les centaines d'années que j'ai à vivre pour devenir un seul jour un être humain et avoir part ensuite au monde céleste ! - Ne pense pas à tout cela, dit la vieille, nous vivons beaucoup mieux et sommes bien plus heureux que les hommes là-haut. - Donc, il faudra que je meure et flotte comme écume sur la mer et n'entende jamais plus la musique des vagues, ne voit plus les fleurs ravissantes et le rouge soleil. Ne puis-je rien faire pour gagner une vie éternelle ? Non, dit la vieille, à moins que tu sois si chère à un homme que tu sois pour lui plus que père et mère, qu'il s'attache à toi de toutes ses pensées, de tout son amour, qu'il fasse par un prêtre mettre sa main droite dans la tienne en te promettant fidélité ici-bas et dans l'éternité. Alors son âme glisserait dans ton corps et tu aurais part au bonheur humain. Il te donnerait une âme et conserverait la sienne. Mais cela ne peut jamais arriver. Ce qui est ravissant ici dans la mer, ta queue de poisson, il la trouve très laide là-haut sur la terre. Ils n'y entendent rien, pour être beau, il leur faut avoir deux grossières colonnes qu'ils appellent des jambes La petite sirène soupira et considéra sa queue de poisson avec désespoir. - Allons, un peu de gaieté, dit la vieille, nous avons trois cents ans pour sauter et danser, c'est un bon laps de temps. Ce soir il y a bal à la cour. Il sera toujours temps de sombrer dans le néant. Ce bal fut, il est vrai, splendide, comme on n'en peut jamais voir sur la terre. Les murs et le plafond, dans la grande salle, étaient d'un verre épais, mais clair. Plusieurs centaines de coquilles roses et vert pré étaient rangées de chaque côté et jetaient une intense clarté de feu bleue qui illuminait toute la salle et brillait à travers les murs de sorte que la mer, au-dehors, en était tout illuminée. Les poissons innombrables, grands et petits, nageaient contre les murs de verre, luisants d'écailles pourpre ou étincelants comme l'argent et l'or. Au travers de la salle coulait un large fleuve sur lequel dansaient tritons et sirènes au son de leur propre chant délicieux. La voix de la petite sirène était la plus jolie de toutes, on l'applaudissait et son coeur en fut un instant éclairé de joie car elle savait qu'elle avait la plus belle voix sur terre et sous l'onde. Mais très vite elle se reprit à penser au monde au-dessus d'elle, elle ne pouvait oublier le beau prince ni son propre chagrin de ne pas avoir comme lui une âme immortelle. C'est pourquoi elle se glissa hors du château de son père et, tandis que là tout était chants et gaieté, elle s'assit, désespérée, dans son petit jardin. Soudain elle entendit le son d'un cor venant vers elle à travers l'eau. - Il s'embarque sans doute là-haut maintenant, celui que j'aime plus que père et mère, celui vers lequel vont toutes mes pensées et dans la main de qui je mettrais tout le bonheur de ma vie. J'oserais tout pour les gagner, lui et une âme immortelle. Pendant que mes soeurs dansent dans le château de mon père, j'irai chez la sorcière marine, elle m'a toujours fait si peur, mais peut-être pourra-t-elle me conseiller et m'aider ! Alors la petite sirène sortit de son jardin et nagea vers les tourbillons mugissants derrière lesquels habitait la sorcière. Elle n'avait jamais été de ce côté où ne poussait aucune fleur, aucune herbe marine, il n'y avait là rien qu'un fond de sable gris et nu s'étendant jusqu'au gouffre. L'eau y bruissait comme une roue de moulin, tourbillonnait et arrachait tout ce qu'elle pouvait atteindre et l'entraînait vers l'abîme. Il fallait à la petite traverser tous ces terribles tourbillons pour arriver au quartier où habitait la sorcière, et sur un long trajet il fallait passer au-dessus de vases chaudes et bouillonnantes que la sorcière appelait sa tourbière. Au-delà s'élevait sa maison au milieu d'une étrange forêt. Les arbres et les buissons étaient des polypes, mi-animaux mi-plantes, ils avaient l'air de serpents aux centaines de têtes sorties de terre. Toutes les branches étaient des bras, longs et visqueux, aux doigts souples comme des vers et leurs anneaux remuaient de la racine à la pointe. Ils s'enroulaient autour de tout ce qu'ils pouvaient saisir dans la mer et ne lâchaient jamais prise. Debout dans la forêt la petite sirène s'arrêta tout effrayée, son coeur battait d'angoisse et elle fut sur le point de s'en retourner, mais elle pensa au prince, à l'âme humaine et elle reprit courage. Elle enroula, bien serrés autour de sa tête, ses longs cheveux flottants pour ne pas donner prise aux polypes, croisa ses mains sur sa poitrine et s'élança comme le poisson peut voler à travers l'eau, au milieu des hideux polypes qui étendaient vers elle leurs bras et leurs doigts. Elle arriva dans la forêt à un espace visqueux où s'ébattaient de grandes couleuvres d'eau montrant des ventres jaunâtres, affreux et gras. Au milieu de cette place s'élevait une maison construite en ossements humains. La sorcière y était assise et donnait à manger à un crapaud sur ses lèvres, comme on donne du sucre à un canari. - Je sais bien ce que tu veux, dit la sorcière, et c'est bien bête de ta part ! Mais ta volonté sera faite car elle t'apportera le malheur, ma charmante princesse. Tu voudrais te débarrasser de ta queue de poisson et avoir à sa place deux moignons pour marcher comme le font les hommes afin que le jeune prince s'éprenne de toi, que tu puisses l'avoir, en même temps qu'une âme immortelle. A cet instant, la sorcière éclata d'un rire si bruyant et si hideux que le crapaud et les couleuvres tombèrent à terre et grouillèrent. - Tu viens juste au bon moment, ajouta-t-elle, demain matin, au lever du soleil, je n'aurais plus pu t'aider avant une année entière. Je vais te préparer un breuvage avec lequel tu nageras, avant le lever du jour, jusqu'à la côte et là, assise sur la grève, tu le boiras. Alors ta queue se divisera et se rétrécira j usqu'à devenir ce que les hommes appellent deux jolies jambes, mais cela fait mal, tu souffriras comme si la lame d'une épée te traversait. Tous, en te voyant, diront que tu es la plus ravissante enfant des hommes qu'ils aient jamais vue. Tu garderas ta démarche ailée, nulle danseuse n'aura ta légèreté, mais chaque pas que tu feras sera comme si tu marchais sur un couteau effilé qui ferait couler ton sang. Si tu veux souffrir tout cela, je t'aiderai. - Oui, dit la petite sirène d'une voix tremblante en pensant au prince et à son âme immortelle. - Mais n'oublie pas, dit la sorcière, que lorsque tu auras une apparence humaine, tu ne pourras jamais redevenir sirène, jamais redescendre auprès de tes soeurs dans le palais de ton père. Et si tu ne gagnes pas l'amour du prince au point qu'il oublie pour toi son père et sa mère, qu'il s'attache à toi de toutes ses pensées et demande au pasteur d'unir vos mains afin que vous soyez mari et femme, alors tu n'auras jamais une âme immortelle. Le lendemain matin du jour où il en épouserait une autre, ton coeur se briserait et tu ne serais plus qu'écume sur la mer. - Je le veux, dit la petite sirène, pâle comme une morte. - Mais moi, il faut aussi me payer, dit la sorcière, et ce n'est pas peu de chose que je te demande. Tu as la plus jolie voix de toutes ici-bas et tu crois sans doute grâce à elle ensorceler ton prince, mais cette voix, il faut me la donner. Le meilleur de ce que tu possèdes, il me le faut pour mon précieux breuvage ! Moi, j'y mets de mon sang afin qu'il soit coupant comme une lame à deux tranchants. - Mais si tu prends ma voix, dit la petite sirène, que me restera-t-il ? - Ta forme ravissante, ta démarche ailée et le langage de tes yeux, c'est assez pour séduire un coeur d'homme. Allons, as-tu déjà perdu courage ? Tends ta jolie langue, afin que je la coupe pour me payer et je te donnerai le philtre tout puissant. - Qu'il en soit ainsi, dit la petite sirène, et la sorcière mit son chaudron sur le feu pour faire cuire la drogue magique. - La propreté est une bonne chose, dit-elle en récurant le chaudron avec les couleuvres dont elle avait fait un noeud. Elle s'égratigna le sein et laissa couler son sang épais et noir. La vapeur s'élevait en silhouettes étranges, terrifiantes. A chaque instant la sorcière jetait quelque chose dans le chaudron et la mixture se mit à bouillir, on eût cru entendre pleurer un crocodile. Enfin le philtre fut à point, il était clair comme l'eau la plus pure ! - Voilà, dit la sorcière et elle coupa la langue de la petite sirène. Muette, elle ne pourrait jamais plus ni chanter, ni parler. - Si les polypes essayent de t'agripper, lorsque tu retourneras à travers la forêt, jette une seule goutte de ce breuvage sur eux et leurs bras et leurs doigts se briseront en mille morceaux. La petite sirène n'eut pas à le faire, les polypes reculaient effrayés en voyant le philtre lumineux qui brillait dans sa main comme une étoile. Elle traversa rapidement la forêt, le marais et le courant mugissant.  Elle était devant le palais de son père. Les lumières étaient éteintes dans la grande salle de bal, tout le monde dormait sûrement, et elle n'osa pas aller auprès des siens maintenant qu'elle était muette et allait les quitter pour tou- jours. Il lui sembla que son coeur se brisait de chagrin. Elle se glissa dans le jardin, cueillit une fleur du parterre de chacune de ses soeurs, envoya de ses doigts mille baisers au palais et monta à travers l'eau sombre et bleue de la mer. Le soleil n'était pas encore levé lorsqu'elle vit le palais du prince et gravit les degrés du magnifique escalier de marbre.La lune brillait merveilleusement claire. La petite sirène but l'âpre et brûlante mixture, ce fut comme si une épée à deux tranchants fendait son tendre corps, elle s'évanouit et resta étendue comme morte. Lorsque le soleil resplendit au-dessus des flots, elle revint à elle et ressentit une douleur aiguë. Mais devant elle, debout, se tenait le jeune prince, ses yeux noirs fixés si intensément sur elle qu'elle en baissa les siens et vit qu'à la place de sa queue de poisson disparue, elle avait les plus jolies jambes blanches qu'une jeune fille pût avoir. Et comme elle était tout à fait nue, elle s'enveloppa dans sa longue chevelure. Le prince demanda qui elle était, comment elle était venue là, et elle leva vers lui doucement, mais tristement, ses grands yeux bleus puisqu'elle ne pouvait parler. Alors il la prit par la main et la conduisit au palais. A chaque pas, comme la sorcière l'en avait prévenue, il lui semblait marcher sur des aiguilles pointues et des couteaux aiguisés, mais elle supportait son mal. Sa main dans la main du prince, elle montait aussi légère qu'une bulle et lui-même et tous les assistants s'émerveillèrent de sa démarche gracieuse et ondulante. On lui fit revêtir les plus précieux vêtements de soie et de mousseline, elle était au château la plus belle, mais elle restait muette. Des esclaves ravissantes, parées de soie et d'or, venaient chanter devant le prince et ses royaux parents. L'une d'elles avait une voix plus belle encore que les autres. Le prince l'applaudissait et lui souriait, alors une tristesse envahit la petite sirène, elle savait qu'elle-même aurait chanté encore plus merveilleusement et elle pensait : « Oh! si seulement il savait que pour rester près de lui, j'ai renoncé à ma voix à tout jamais ! » Puis les esclaves commencèrent à exécuter au son d'une musique admirable, des danses légères et gracieuses. Alors la petite sirène, élevant ses beaux bras blancs, se dressa sur la pointe des pieds et dansa avec plus de grâce qu'aucune autre. Chaque mouvement révélait davantage le charme de tout son être et ses yeux s'adressaient au coeur plus profondément que le chant des esclaves. Tous en étaient enchantés et surtout le prince qui l'appelait sa petite enfant trouvée. Elle continuait à danser et danser mais chaque fois que son pied touchait le sol, C'était comme si elle avait marché sur des couteaux aiguisés. Le prince voulut l'avoir toujours auprès de lui, il lui permit de dormir devant sa porte sur un coussin de velours. Il lui fit faire un habit d'homme pour qu'elle pût le suivre à cheval. Ils chevauchaient à travers les bois embaumés où les branches vertes lui battaient les épaules, et les petits oiseaux chantaient dans le frais feuillage. Elle grimpa avec le prince sur les hautes montagnes et quand ses pieds si délicats saignaient et que les autres s'en apercevaient, elle riait et le suivait là- haut d'où ils admiraient les nuages défilant au-dessous d'eux comme un vol d'oiseau migrateur partant vers des cieux lointains. La nuit, au château du prince, lorsque les autres dormaient, elle sortait sur le large escalier de marbre et, debout dans l'eau froide, elle rafraîchissait ses pieds brûlants. Et puis, elle pensait aux siens, en bas, au fond de la mer. Une nuit elle vit ses soeurs qui nageaient enlacées, elles chantaient tristement et elle leur fit signe. Ses soeurs la reconnurent et lui dirent combien elle avait fait de peine à tous. Depuis lors, elles lui rendirent visite chaque soir, une fois même la petite sirène aperçut au loin sa vieille grand-mère qui depuis bien des années n'était montée à travers la mer et même le roi, son père, avec sa couronne sur la tête. Tous deux lui tendaient le bras mais n'osaient s'approcher autant que ses soeurs. De jour en jour, elle devenait plus chère au prince ; il l'aimait comme on aime un gentil enfant tendrement chéri, mais en faire une reine ! Il n'en avait pas la moindre idée, et c'est sa femme qu'il fallait qu'elle devînt, sinon elle n'aurait jamais une âme immortelle et, au matin qui suivrait le jour de ses noces, elle ne serait plus qu'écume sur la mer. - Ne m'aimes-tu pas mieux que toutes les autres ? semblaient dire les yeux de la petite sirène quand il la prenait dans ses bras et baisait son beau front. - Oui, tu m'es la plus chère, disait le prince, car ton coeur est le meilleur, tu m'est la plus dévouée et tu ressembles à une jeune fille une fois aperçue, mais que je ne retrouverai sans doute jamais. J'étais sur un vaisseau qui fit naufrage, les vagues me jetèrent sur la côte près d'un temple desservi par quelques jeunes filles ; la plus jeune me trouva sur le rivage et me sauva la vie. Je ne l'ai vue que deux fois et elle est la seule que j'eusse pu aimer d'amour en ce monde, mais toi tu lui ressembles, tu effaces presque son image dans mon âme puisqu'elle appartient au temple. C'est ma bonne étoile qui t'a envoyée à moi. Nous ne nous quitterons jamais. " Hélas ! il ne sait pas que c'est moi qui ai sauvé sa vie ! pensait la petite sirène. Je l'ai porté sur les flots jusqu'à la forêt près de laquelle s'élève le temple, puis je me cachais derrière l'écume et regardais si personne ne viendrait. J'ai vu la belle jeune fille qu'il aime plus que moi. " La petite sirène poussa un profond soupir. Pleurer, elle ne le pouvait pas. - La jeune fille appartient au lieu saint, elle n'en sortira jamais pour retourner dans le monde, ils ne se rencontreront plus, moi, je suis chez lui, je le vois tous les jours, je le soignerai, je l'adorerai, je lui dévouerai ma vie. Mais voilà qu'on commence à murmurer que le prince va se marier, qu'il épouse la ravissante jeune fille du roi voisin, que c'est pour cela qu'il arme un vaisseau magnifique... On dit que le prince va voyager pour voir les Etats du roi voisin, mais c'est plutôt pour voir la fille du roi voisin et une grande suite l'accompagnera... Mais la petite sirène secoue la tête et rit, elle connaît les pensées du prince bien mieux que tous les autres. - Je dois partir en voyage, lui avait-il dit. Je dois voir la belle princesse, mes parents l'exigent, mais m'obliger à la ramener ici, en faire mon épouse, cela ils n'y réussiront pas, je ne peux pas l'aimer d'amour, elle ne ressemble pas comme toi à la belle jeune fille du temple. Si je devais un jour choisir une épouse ce serait plutôt toi, mon enfant trouvée qui ne dis rien, mais dont les yeux parlent. Et il baisait ses lèvres rouges, jouait avec ses longs cheveux et posait sa tête sur son coeur qui se mettait à rêver de bonheur humain et d'une âme immortelle. - Toi, tu n'as sûrement pas peur de la mer, ma petite muette chérie ! lui dit-il lorsqu'ils montèrent à bord du vaisseau qui devait les conduire dans le pays du roi voisin. Il lui parlait de la mer tempétueuse et de la mer calme, des étranges poissons des grandes profondeurs et de ce que les plongeurs y avaient vu. Elle souriait de ce qu'il racontait, ne connaissait-elle pas mieux que quiconque le fond de l'océan? Dans la nuit, au clair de lune, alors que tous dormaient à bord, sauf le marin au gouvernail, debout près du bastingage elle scrutait l'eau limpide, il lui semblait voir le château de son père et, dans les combles, sa vieille grand- mère, couronne d'argent sur la tête, cherchant des yeux à travers les courants la quille du bateau. Puis ses soeurs arrivèrent à la surface, la regardant tristement et tordant leurs mains blanches. Elle leur fit signe, leur sourit, voulut leur dire que tout allait bien, qu'elle était heureuse, mais un mousse s'approchant, les soeurs replongèrent et le garçon demeura persuadé que cette blancheur aperçue n'était qu'écume sur l'eau. Le lendemain matin le vaisseau fit son entrée dans le port splendide de la capitale du roi voisin. Les cloches des églises sonnaient, du haut des tours on soufflait dans les trompettes tandis que les soldats sous les drapeaux flottants présentaient les armes. Chaque jour il y eut fête ; bals et réceptions se succédaient mais la princesse ne paraissait pas encore. On disait qu'elle était élevée au loin, dans un couvent où lui étaient enseignées toutes les vertus royales. Elle vint, enfin ! La petite sirène était fort impatiente de juger de sa beauté. Il lui fallut reconnaître qu'elle n'avait jamais vu fille plus gracieuse. Sa peau était douce et pâle et derrière les longs cils deux yeux fidèles, d'un bleu sombre, souriaient. C'était la jeune fille du temple... - C'est toi ! dit le prince, je te retrouve - toi qui m'as sauvé lorsque je gisais comme mort sur la grève ! Et il serra dans ses bras sa fiancée rougissante. Oh ! je suis trop heureux, dit-il à la petite sirène. Voilà que se réalise ce que je n'eusse jamais osé espérer. Toi qui m'aimes mieux que tous les autres, tu te réjouiras de mon bonheur. La petite sirène lui baisait les mains, mais elle sentait son coeur se briser. Ne devait-elle pas mourir au matin qui suivrait les noces ? Mourir et n'être plus qu'écume sur la mer ! Des hérauts parcouraient les rues à cheval proclamant les fiançailles. Bientôt toutes les cloches des églises sonnèrent, sur tous les autels des huiles parfumées brûlaient dans de précieux vases d'argent, les prêtres balancèrent les encensoirs et les époux se tendirent la main et reçurent la bénédiction de l'évêque. La petite sirène, vêtue de soie et d'or, tenait la traîne de la mariée mais elle n'entendait pas la musique sacrée, ses yeux ne voyaient pas la cérémonie sainte, elle pensait à la nuit de sa mort, à tout ce qu'elle avait perdu en ce monde. Le soir même les époux s'embarquèrent aux salves des canons, sous les drapeaux flottants. Au milieu du pont, une tente d'or et de pourpre avait été dressée, garnie de coussins moelleux où les époux reposeraient dans le calme et la fraicheur de la nuit. Les voiles se gonflèrent au vent et le bateau glissa sans effort et sans presque se balancer sur la mer limpide. La nuit venue on alluma des lumières de toutes les couleurs et les marins se mirent à danser. La petite sirène pensait au soir où, pour la première fois, elle avait émergé de la mer et avait aperçu le même faste et la même joie. Elle se jeta dans le tourbillon de la danse, ondulant comme ondule un cygne pourchassé et tout le monde l'acclamait et l'admirait : elle n'avait jamais dansé si divinement. Si des lames aiguës transperçaient ses pieds délicats, elle ne les sentait même pas, son coeur était meurtri d'une bien plus grande douleur. Elle savait qu'elle le voyait pour la dernière fois, lui, pour lequel elle avait abandonné les siens et son foyer, perdu sa voix exquise et souffert chaque jour d'indicibles tourments, sans qu'il en eût connaissance. C'était la dernière nuit où elle respirait le même air que lui, la dernière fois qu'elle pouvait admirer cette mer profonde, ce ciel plein d'étoiles. La nuit éternelle, sans pensée et sans rêve, l'attendait, elle qui n'avait pas d'âme et n'en pouvait espérer. Sur le navire tout fut plaisir et réjouissance jusque bien avant dans la nuit. Elle dansait et riait mais la pensée de la mort était dans son coeur. Le prince embrassait son exquise épouse qui caressait les cheveux noirs de son époux, puis la tenant à son bras il l'amena se reposer sous la tente splendide. Alors, tout fut silence et calme sur le navire. Seul veillait l'homme à la barre. La petite sirène appuya ses bras sur le bastingage et chercha à l'orient la première lueur rose de l'aurore, le premier rayon du soleil qui allait la tuer. Soudain elle vit ses soeurs apparaître au-dessus de la mer. Elles étaient pâles comme elle-même, leurs longs cheveux ne flottaient plus au vent, on les avait coupés. - Nous les avons sacrifiés chez la sorcière pour qu'elle nous aide, pour que tu ne meures pas cette nuit. Elle nous a donné un couteau. Le voici. Regarde comme il est aiguisé... Avant que le jour ne se lève, il faut que tu le plonges dans le coeur du prince et lorsque son sang tout chaud tombera sur tes pieds, ils se réuniront en une queue de poisson et tu redeviendras sirène. Tu pourras descendre sous l'eau jusque chez nous et vivre trois cents ans avant de devenir un peu d'écume salée. Hâte-toi ! L'un de vous deux doit mourir avant l'aurore. Notre vieille grand-mère a tant de chagrin qu'elle a, comme nous, laissé couper ses cheveux blancs par les ciseaux de la sorcière. Tue le prince, et reviens-nous. Hâte-toi ! Ne vois-tu pas déjà cette traînée rose à l'horizon ? Dans quelques minutes le soleil se lèvera et il te faudra mourir. Un soupir étrange monta à leurs lèvres et elles s'enfoncèrent dans les vagues. La petite sirène écarta le rideau de pourpre de la tente, elle vit la douce épousée dormant la tête appuyée sur l'épaule du prince. Alors elle se pencha et posa un baiser sur le beau front du jeune homme. Son regard chercha le ciel de plus en plus envahi par l'aurore, puis le poignard pointu, puis à nouveau le prince, lequel, dans son sommeil, murmurait le nom de son épouse qui occupait seule ses pensées, et le couteau trembla dans sa main. Alors, tout à coup, elle le lança au loin dans les vagues qui rougirent à l'endroit où il toucha les flots comme si des gouttes de sang jaillissaient à la surface.  Une dernière fois, les yeux voilés, elle contempla le prince et se jeta dans la mer où elle sentit son corps se dissoudre en écume. Maintenant le soleil surgissait majestueusement de la mer. Ses rayons tombaient doux et chauds sur l'écume glacée et la petite sirène ne sentait pas la mort. Elle voyait le clair soleil et, au-dessus d'elle, planaient des centaines de charmants êtres transparents. A travers eux, elle apercevait les voiles blanches du navire, les nuages roses du ciel, leurs voix étaient mélodieuses, mais si immatérielles qu'aucune oreille terrestre ne pouvait les capter, pas plus qu'aucun regard humain ne pouvait les voir. Sans ailes, elles flottaient par leur seule légèreté à travers l'espace. La petite sirène sentit qu'elle avait un corps comme le leur, qui s'élevait de plus en plus haut au-dessus de l'écume. - Où vais-je ? demanda-t-elle. Et sa voix, comme celle des autres êtres, était si immatérielle qu'aucune musique humaine ne peut l'exprimer. - Chez les filles de l'air, répondirent-elles. Une sirène n'a pas d'âme immortelle, ne peut jamais en avoir, à moins de gagner l'amour d'un homme. C'est d'une volonté étrangère que dépend son existence éternelle. Les filles de l'air n'ont pas non plus d'âme immortelle, mais elles peuvent, par leurs bonnes actions, s'en créer une. Nous nous envolons vers les pays chauds où les effluves de la peste tuent les hommes, nous y soufflons la fraîcheur. Nous répandons le parfum des fleurs dans l'atmosphère et leur arôme porte le réconfort et la guérison. Lorsque durant trois cents ans nous nous sommes efforcées de faire le bien, tout le bien que nous pouvons, nous obtenons une âme immortelle et prenons part à l'éternelle félicité des hommes. Toi, pauvre petite sirène, tu as de tout coeur cherché le bien comme nous, tu as souffert et supporté de souffrir, tu t'es haussée jusqu'au monde des esprits de l'air, maintenant tu peux toi-même, par tes bonnes actions, te créer une âme immortelle dans trois cents ans. Alors, la petite sirène leva ses bras transparents vers le soleil de Dieu et, pour la première fois, des larmes montèrent à ses yeux. Sur le bateau, la vie et le bruit avaient repris, elle vit le prince et sa belle épouse la chercher de tous côtés, elle les vit fixer tristement leurs regards sur l'écume dansante , comme s'ils avaient deviné qu'elle s'était précipitée dans les vagues. Invisible elle baisa le front de l'époux, lui sourit et avec les autres filles de l'air elle monta vers les nuages roses qui voguaient dans l'air. - Dans trois cents ans, nous entrerons ainsi au royaume de Dieu. - Nous pouvons même y entrer avant, murmura l'une d'elles. Invisibles nous pénétrons dans les maisons des hommes où il y a des enfants et, chaque fois que nous trouvons un enfant sage, qui donne de la joie à ses parents et mérite leur amour, Dieu raccourcit notre temps d'épreuve. - Lorsque nous voltigeons à travers la chambre et que de bonheur nous sourions, l'enfant ne sait pas qu'un an nous est soustrait sur les trois cents, mais si nous trouvons un enfant cruel et méchant, il nous faut pleurer de chagrin et chaque larme ajoute une journée à notre temps d'épreuve. Hans Christian Andersen 
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05-09-2007, 00:00:27 Nadine Bateau Enfant Mer Prince Roi Sirène
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| 03-09-2007 Contes & Légendes |
La légende d'Ondine |
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Ondine, de John William Waterhouse Ondine est l'héroïne d'une légende alsacienne. À sa naissance toutes les fées du voisinage sont réunies autour de son berceau et lui offrent des qualités nombreuses. La fée qui est sa marraine lui offre notamment une constance exceptionnelle. Un jour, elle fut enlevée par un jeune seigneur qui réussit à se faire aimer d'elle au point qu'elle refusa de le quitter pour aller voir sa mère malade. Pour punition, sa marraine la condamna à toujours aimer le seigneur quoi qu'il fasse. Celui-ci, fatigué d'elle, fit semblant de la croire infidèle. Il dit qu'il ne la croirait que si elle allait remplir un vase énorme à la source du Niddeck. Après trois jours à marcher en portant ce poids énorme Ondine épuisée tombe dans l'eau en remplissant son vase. La fée sa marraine arrive à son secours et pour lui éviter de continuer à souffrir à cause du châtelain, la transforme en nymphe protectrice des eaux du Niddeck. Depuis, les jours d'orage, on la voit apparaître dans les vapeurs des eaux de la cascade.  Une autre version de la légende raconte qu'elle est une nymphe et qu'elle tombe amoureuse d'un beau chevalier. Elle est autorisée à vivre avec lui, mais s'il lui est infidèle, il meurt, et c'est ce qui arrive. 
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03-09-2007, 00:00:30 Nadine Chevalier Eau Fée Ondine Seigneur Vase
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| 31-08-2007 Contes & Légendes |
Saint Georges et le dragon |

En ce temps là, un dragon terrorisait les habitants de la ville de Sylène en Lybie. Peu à peu, personne n'osa plus ni sortir ni entrer. En quelques mois, le commerce périclita et la famine menaça tout le monde. Le dragon exigea bientôt que des jeunes gens lui soient sacrifiés. Tout le monde acceptait ce lourd tribut dans l'espoir que le dragon allait se lasser. Hélas, un jour une nouvelle stupéfiante fit le tour de la ville : le monstre exigeait qu'on lui offrît la fille du roi. Et par un petit matin, la belle princesse Aïa fut livrée au dragon. Satisfait, il l'entraîna aussitôt vers son repaire. Le même jour, vint à passer un jeune chevalier nommé Georges. Il apprit la triste nouvelle. N'écoutant que son courage, Georges lança son cheval au galop en direction des marais où le dragon s'apprêtait à dévorer son innocente proie. Guidé par des traces bien visibles, il arriva juste à l'instant où le dragon ouvrait sa gueule pour engloutir Aïa. Georges poussa son cri de guerre. Surpris le dragon fit face à cet adversaire. Georges chargea avec vigueur et toucha l'animal. Il le blessa mais rompit sa lance. Il l'affronta alors à pied, l'épée à la main. Il blessa de nouveau le monstre mais celui paraissait indestructible. Le combat semblait sans issue quand Georges invoqua l'aide d'un dieu inconnu de la princesse : le dieu des chrétiens. Il fit une dernière attaque qui tua net le dragon. La princesse n'en croyait pas se yeux. Les habitants de Sylène laissèrent libre cours à leur joie. Comme le roi lui demandait ce qu'il voulait comme récompense, le jeune homme déclara qu'il souhaitait que les habitants adoptent le nouveau dieu et donc qu'ils reçoivent le baptême. Ce fut accompli dés le lendemain et par la même occasion Georges épousa la princesse. Il devint le protecteur de la ville désormais prospère. 
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31-08-2007, 00:00:27 Nadine Chevalier Dragon Fille Roi Sacrifice Saint Georges
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| 25-08-2007 Contes & Légendes |
La légende de la Petite Souris |
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La Petite souris est un mythe populaire occidental visant à rassurer les enfants lorsqu'ils perdent leurs dents de lait. La légende veut que la Petite souris remplace la dent de lait que les enfants laissent sous l'oreille avant de s'endormir par de l'argent. Subrepticement, les parents agissent comme « auxiliaires » de la Petite souris et récompensent l'enfant en lui laissant une pièce de monnaie pendant la nuit, tel que promis. 
L'origine la plus vraisemblable de la Petite souris vient d'un conte français du XVIIIe siècle, La Bonne petite souris. Il décrit une fée qui se transforme en souris pour aider une reine à vaincre un méchant roi, en se cachant sous l'oreiller du roi puis en lui faisant tomber toutes ses dents. Par ailleurs, suivant une ancienne croyance, lorsqu'un animal mangeait une dent de lait, la dent permanente prenait les caractéristiques de l'animal ; on donnait parfois les dents de lait aux rongeurs dans l'espoir que les enfants obtiennent des dents plus dures et plus pointues. Par exemple, aux Philippines, quand un enfant perd une dent, il la jette au dessus du toit de la maison. De cette manière, une souris lui en rendra une autre qui sera aussi solide et blanche que les dents de cette souris. Au Togo, on dit aux enfants de jeter leurs dents de lait au dessus du toit de la maison, et surtout de ne pas ouvrir la bouche. En effet il ne faut pas q'un lézard voit la partie vide sinon les dents risquent de ne plus pousser. En Algérie et au Maroc, il y a une tradition qui coexiste avec le mythe de la petite souris : l'enfant se tourne vers le soleil et demande à Allah d'échanger la petite dent de lait, nommée "dent d'âne", contre une "dent de gazelle" : en effet, dans ces pays la gazelle est presque un synonyme de beauté, d'où le prénom Rym ou Rima. 
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25-08-2007, 00:00:39 Nadine Argent Dent Enfant Souris
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| 27-07-2007 Contes & Légendes |
La légende d'Excalibur |
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En ces temps, Uther Pendragon était mort. Les Bretagnes divisées sombraient dans le chaos. La légende proclame que Merlin, dans cette discorde aurait fiché une épée dans le roc devant le château. Excalibur ne sera brandie que par le grand roi des Bretons. Tous les barons s'y essayèrent en vain, puis les chevaliers. Seul un page nommé Arthur réussit à la retirer de son socle et devint donc le roi de Bretagne. Cependant, des doutes existent quant à l'origine d'Excalibur : selon Sir Thomas Malory, chevalier anglais du XVe siècle qui condensa en un seul ouvrage une grande partie de la geste arthurienne, notamment des écrits français, elle aurait été donnée par la première Dame du Lac, qui aurait précédé Viviane, l'épée retirée de la stèle de granit ayant été auparavant brisée dans un combat contre le roi Pellinor, père de Messire Lamorat de Galles (considéré comme le troisième chevalier au monde, après Messires Lancelot et Tristan) et de Perceval le Gallois. Pour gagner l'épée, Arthur fit une promesse à la Dame du Lac et ne tint pas parole, celle-ci ayant été décapitée sous ses yeux, dans son château. Merlin aurait demandé à Arthur : « Qui des deux est le plus précieux ? L'épée ou le fourreau ? » Arthur répondit : « L'épée, assurément. » « Faux, c'est le fourreau car, tant que tu le posséderas, tes ennemis ne pourront tuer. » La sœur du roi, ayant eut vent de cela, fit dérober le fourreau et le donna à son amant, avec pour mission de tuer Arthur. Cependant, grâce à l'intervention de Messire Hector des Mares, le cousin de Lancelot de Bénoïc, celui-ci fut sauvé et put recouvrer son précieux fourreau. Digne fils d'Uther, Excalibur au côté, le roi Arthur a réuni et pacifié les deux Bretagnes. À sa mort, l'épée fut jetée dans un lac magique par Bedivere. L'épée avait la réputation d'être incassable (tout comme la Durandal de Roland) et de trancher toute matière. 
La Dame du Lac Excalibur ou Escalibor signifierait : « dure entaille ». Dans la tradition celtique, l'épée d'Arthur se nomme Caledfwlch en gallois et Kaledvoulc'h en breton, et/ou Kaled foulch: "dur tranchant", qui selon la légende fut Caladbolg/Galatbrog: "dure foudre", celle de Nuadu roi de la tribu irlandaise des Tuatha Dé Danann, d'où est dérivé le nom de Caliborn, puis Escalibor et Excalibur.
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27-07-2007, 00:00:04 Nadine Dame du Lac Epée Roi Arthur
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| 18-07-2007 Contes & Légendes |
La Tour de Babel |
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La légende de la Tour de Babel est à la base un récit biblique. Après la création du monde, tous les hommes se servaient de la même langue. Installés dans la vallée de Shinéar (qu'on situerait aujourd'hui en Irak), ils réussirent en cuisant la terre à façonner les premières briques, et décidèrent de tous s'installer au même endroit. Puis leur vint l'idée de construire une tour, qui monterait jusqu'aux cieux, afin de pouvoir loger toute l'humanité dans une seule et même cité.
Mais le dieu Yahvé, craignant que cet édifice ne permettent ensuite aux hommes de construire tous les projets les plus irréalisables, décida de leur compliquer sérieusement la tâche, en punition de leur vanité. Ainsi, dans la Genèse, Yahvé s'employa à disperser les hommes sur toute la surface de la Terre et de diversifier tous les peuples en leur donnant un langage propre. Aucune cohésion n'étant possible entre eux, et la Tour de Babel resta inachevée.
La Tour de Babel Pieter Bruegel La confusion des langues, Gustave Doré Pourtant, de nombreux historiens ont réalisé un parallèle très sérieux entre le mythe de la tour de Babel et les premières cités mésopotamiennes. En effet, on retrouve de nombreuses ziggourats le long des rives de la Mésopotamie. Les ziggourats sont d'immenses structures de pierre (en brique), pouvant faire penser à une pyramide et atteignant des hauteurs de plusieurs dizaines de mètres. Elles sont composées de plusieurs plate-formes aux dimensions décroissantes, comme les représentations populaires de la Tour de Babel (comme la peinture de Bruegel, voir image). Là où les historiens et scientifiques restent encore sans certitude, c'est sur la disposition de certaines de ces ziggourats, qu'on retrouve dans le monde entier, et qui sont disposés exactement de la même manière.
De plus, la plus grande de ces ziggourats se trouve aujourd'hui à l'emplacement de l'antique ville mésopotamienne de Babylone. Elle est située sur les rives de l'Euphrate. Cette tour, appelée "Etemenanki" (la demeure du ciel et de la terre) aurait pu servir de modèle à la légende biblique. 
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18-07-2007, 00:00:57 Nadine Babel Cieux Création Monde Tour
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| 02-07-2007 Contes & Légendes |
L'Atlantide : mythe ou réalité ? |
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"Atlantide" par Lloyd K. Townsend La légende du continent englouti de l'Atlantide continue de déchirer les scientifiques. Cependant, d'où trouve-t-elle ses origines ? Peut-être bien d'un certain Platon... 
Représentation de l'Atlantide On trouve les premières références concernant le mythe de l'Atlantide dans le Timée du philosophe grec Platon. Le Timée est le récit d'un dialogue entre Socrate et son disciple (Platon), qui s'attache à lui décrire ce que serait la cité idéale. Platon lui révèle alors une confidence dont l'origine remonte à un homme d'Etat athénien nommé Solon, qui lui-même la tenait d'un prêtre egyptien : "[il y a 9 000 ans], on pouvait traverser cette mer [Atlantique]. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. (...) Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux".  Le prêtre égyptien raconte ensuite à Solon comment les Athéniens sont morts en essayant d'envahir l'Atlantide : "Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée [athénienne] fut engloutie d'un seul coup sous la terre et, de même l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant, a déposés".
Difficile à croire qu'au jour d'aujourd'hui, avec les technologies modernes, on n'aurait pas retrouvé trace de ce continent si gigantesque. Pourtant, quelques données permettraient de rendre un certain crédit à cette légende : la première, c'est que personne ne croyait non plus que Pompeï avait été englouti par les cendres d'un volcan... avant que l'on n'en retrouve les premières ruines. La seconde, d'ordre plus scientifique : une fonte des glaces est survenue lors de changements climatiques il y a plus de 11 000 ans, soit durant la période pendant laquelle Platon commence son récit, et qui a provoqué une montée très rapide du niveau des océans. 
Mythe de l'Atlantide Mais il faut toutefois relativiser les écrits de Platon, qu'il vaut mieux considérer comme l'expression d'une utopie et non d'une réelle et antique cité. Le commandant Cousteau a pensé un moment relier la civilisation atalante à l'ancienne civilisation crétoise, d'autres ont pensé que les îles des Açores, situées là où Platon décrivait l'Atlantide (proche des "Colonnes d'Hercule, c'est à dire le détroit de Gibraltar), seraient les dernières parties émergées du légendaire continent. Quelques expéditions archéologiques menées dans l'Atlantique et la Méditerrannée ont bien tenté de découvrir l'Atlantide, mais ils n'ont jamais rien découvert d'autres que des ruines appartenant à d'anciennes civilisations existantes. Le mythe du monde englouti a encore de beaux jours devant lui...
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02-07-2007, 00:00:11 Nadine Atlantide Civilisation Continent Gibraltar Ile Mer Mythe Océan Platon
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| 27-06-2007 Contes & Légendes |
La légende de Durandal |
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Bataille de Roncevaux en 778. Mort de Roland Durandal est le nom de l'épée du chevalier Roland. La mort de ce dernier à Roncevaux dans une embuscade tendue par des Basques est racontée dans la chanson de Roland (où les Basques sont remplacés par les Maures). Sentant sa fin approcher, Roland tenta de briser Durandal sur un rocher, pour éviter qu'elle ne soit prise par l'ennemi. Mais la lame resta intacte et fit éclater la roche, ouvrant la Brèche de Roland. Une version de la légende veut que Roland ait alors appelé l'archange Saint Michel à l'aide, puis lancé l'épée vers la vallée. Celle-ci traversa alors miraculeusement plusieurs centaines de kilomètres avant de se ficher dans le rocher de Notre-Dame de Rocamadour où on peut encore l'admirer aujourd'hui. 
Durandal à Rocamadour. Durandal : de Dragvendill : "glaive/épée" nom norvégien, ancienne épée de la famille de Rafnista, est à l'origine du mot Durendal : "force aveugle" en gallois, qui a donné son nom a Durandal. Epée appelée Flæmberg : "Flamberge", de Flæma : "chasse" et Berg : "roc", littéralement : "chasse roc" en norrois, cette dernière fut plus tard attribuée à Renaud de Montauban par son cousin, le magicien Maugis, dans la chanson de geste française des Quatre fils Aimon. 
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27-06-2007, 00:00:25 Nadine Archange Saint Michel Chanson de Roland Chevalier Roland Durandal Ennemi Epée Lame Notre-Dame de Rocamadour Rocher Roncevaux
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| 20-06-2007 Contes & Légendes |
Les Chevaliers de la Table Ronde |
 Les chevaliers de la Table Ronde La mythologie celtique est basée sur une tradition orale, historiquement transmise par les bardes. Au Moyen Âge, un certain nombre de monastères entreprirent de coucher les traditions de leurs régions par écrit. C'est de cette source que nous proviennent des romans comme ceux de Chrétien de Troyes, et les chansons de geste. La Table Ronde réside dans les légendes arthuriennes à la cour de Camelot du Roi Arthur, dont le royaume s'étend sur les deux Bretagnes et le Portugal. 
Apparition du graal, enluminure du XVe siècle La Table Ronde en elle-même fut dressée après que Merlin l'Enchanteur eut révélé à Arthur la nécessité de créer une assemblée faite des chevaliers les plus preux afin de retrouver le Graal. La table ronde rappelait qu'ils héritaient de leur place uniquement sur leurs mérites, et qu'ils étaient à ce titre tous égaux. Comme la distance par rapport au roi peut réintroduire une hiérarchie, ce siège est choisi au hasard parmi les derniers. Elle symbolise l'égalité et la fraternité entre les chevaliers. Outre l'intérêt de rassembler les meilleurs chevaliers du royaume, cette table était destinée à recevoir le Graal, quand il aurait été retrouvé. 
Tous les chevaliers appelés à s'asseoir à cette Table ont été vite identifiés, sauf un. Quiconque s'asseyait dans le siège vacant sans avoir été élu était englouti par la terre ; c'est pourquoi cette place s'appelait le Siège Périlleux. Il semble que cet ajout où seul le plus pur d'entre eux peut s'asseoir est un rajout chrétien tardif ; en effet dans la légende celtique ce serait Lancelot qui découvre le Graal, mais d'un point de vue chrétien, sa relation adultère avec Guenièvre, l'épouse du roi Arthur, le rend impur. C'est donc Galaad, le fils de Lancelot, né d'une union illégitime mais pur en lui-même, qui trouvera le Graal, le rapportera à la Table Ronde et s'assiera dans le Siège Périlleux. Ce retour du Graal à la Table Ronde marque la fin des Temps Aventureux, la fin de la quête. Les chevaliers de la grande table légendaire devaient fidélité à leur roi et au Saint Graal. 
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20-06-2007, 00:00:03 Nadine Chevaliers Galaad Graal Lancelot Roi Arthur Table Ronde
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| 15-06-2007 Contes & Légendes |
La légende arthurienne |
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Le Graal La Légende arthurienne est le nom donné à l'ensemble des textes écrits au Moyen Âge autour de la quête du Graal du roi Arthur. Elle est un thème fort de la matière de Bretagne. La matière de Bretagne ne présente pas l'unité de composition qui caractérise l'Iliade ou l'Odyssée par exemple. Il n'existe pas une légende arthurienne, mais des légendes arthuriennes, entre autres. Cela est dû aux nombreux auteurs qui ont assemblé ces traditions au cours des siècles, depuis les premiers moines collecteurs jusqu'aux écrivains qui l'ont enrichie, comme Chrétien de Troyes ou plus récemment Xavier de Langlais. Ainsi le nom des personnages et les circonstances de leur vie (jeunesse, hauts faits, mort) varient d'une époque à l'autre, d'un pays à l'autre. Il existe cependant une unité de lieu : le royaume mythique de Bretagne (Angleterre, Pays de Galles et Bretagne continentale), et une approximation de l'époque : le VIe siècle, soit après la chute de l'empire romain d'Occident, à l'époque des grandes invasions. Il ne s'agit donc pas de personnages médiévaux, même si leur popularité en France a été portée par des écrivains du Moyen Âge. 
Vision du saint Graal Le cycle littéraire de la légende arthurienne est le plus connu des cycles de la matière de Bretagne. Il doit son succès à son statut de double récit, approché par de très nombreux auteurs depuis le XIIIe siècle. D'un côté Camelot, utopie chevaleresque, défaite par les conflits entre Arthur, Lancelot et Mordred, entre autres. De l'autre la fabuleuse quête du Graal, entreprise par de nombreux chevaliers, échouée par beaucoup (comme Lancelot), réussie par d'autres (son fils Galahad, notamment aidé de Perceval). Il est, depuis quelques siècles, centré sur des thèmes chrétiens, tels que la destruction de la vertue et de la morale par des hommes pleins de défauts, ou la recherche de la relique suprême, le saint Calice. Les relations amoureuses, telles que celle de Lancelot et Guenièvre, ou Tristan et Iseult sont les prémices de l'amour courtois, aujourd'hui bien connu des auteurs contemporains, comme l'incontournable Roméo et Juliette de William Shakespeare. Plus récemment, la tendance aura été de lier les légendes de la table ronde à la mythologie celtique, surtout depuis le début du XXe siècle. 
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15-06-2007, 00:15:08 Nadine Bretagne Coupe Graal Quête Roi Arthur
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| 08-06-2007 Contes & Légendes |
Qu'est-ce qu'une légende ? |
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La légende d'Alain Chartier (1903) Une légende (de l'adjectif verbal latin legenda, « qui doit être lu ») est, à l’origine, un récit mis par écrit pour être lu publiquement : dans les monastères, pendant les repas ; dans les églises, pour l’édification des fidèles lors de la fête d’un saint. Dans ce genre de littérature, la précision historique passe au second plan par rapport à l’intention spirituelle (dans l'hagiographie) ou morale. En littérature, une légende est un récit fictif le plus souvent d'origine orale faisant appel au merveilleux. Une légende, à la différence d'un conte, est liée à un élément précis (lieu, objet, personnage historique, etc.) et se focalise moins sur le récit lui-même que sur l'intégration de cet élément dans le monde quotidien ou l'histoire de la communauté à laquelle la légende appartient. C'est une évolution populaire du mythe dans sa fonction fondatrice d'une culture commune. C'est le cas de la légende de la bête du Gévaudan, de la sardine qui boucha le port de Marseille ou encore les innombrables légendes mettant en scène un pont du diable.
Dans la langue courante, le mot légende est également devenu synonyme de mythe, et renvoie à quelque chose dont l'existence n'a jamais pu être prouvée (la légende des sirènes, à titre d'exemple).

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08-06-2007, 00:00:03 Nadine Bête du Gévaudan Conte Eglise Gévaudan Légende Monastère Mythe Récit Repas Saint Sirènes
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